Dans un très long communiqué publié vendredi, la municipalité de l’île des Pins, impactée un temps par le blocage des aérodromes, fait de nombreuses propositions en matière de transport aérien. Sans pour autant remettre intégralement en cause le déménagement à Tontouta.
Si l’île des Pins est la première à avoir rouvert son aérodrome, imitée ensuite par Lifou, la municipalité entend tout de même faire entendre sa voix dans le dossier épineux du transport aérien. Ainsi, depuis le déménagement d’Air Calédonie à Tontouta, fin février, les tensions sont nombreuses, les nœuds inextricables. Et si l’île observe cela à distance règlementaire, elle entend tout de même prendre part au dialogue alors que le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, a promis des débats. Ainsi, dans un long communiqué publié vendredi, la commune, dirigée par Régis Vendegou, a tenu à « réaffirmer sa position concernant l’avenir de la desserte aérienne de Kunié » alors que « toute évolution du modèle doit d’abord être appréciée au regard des besoins des habitants de l’Île des Pins et du développement économique et touristique de la commune ».
Des plateformes « complémentaires »
Dans ce contexte, l’île des Pins ne tourne pas le dos à Tontouta. Bien au contraire. Alors que les Loyauté dénoncent ce déménagement depuis des mois maintenant, la commune de la province Sud estime de son côté que ce changement constitue « une évolution positive pour le développement touristique » même si des améliorations sont encore possibles concernant les fréquences, le fret, l’accessibilité. « La commune considère donc que cette liaison doit être consolidée, améliorée et pleinement utilisée comme un levier de développement touristique de l’Île des Pins », poursuit-elle.
Mais, et c’est là où les choses se compliquent, car « le développement de Tontouta ne doit pas conduire à l’abandon définitif de Magenta ». Selon la municipalité, ces deux plateformes aéroportuaires « répondent à des besoins différents et doivent être pensées comme complémentaires et non concurrentes ». L’aérodrome de Magenta doit ainsi permettre de répondre « directement aux besoins des habitants » et ainsi permettre les déplacements pour les soins et rendez-vous médicaux ; pour les démarches administratives et professionnelles ; pour les étudiants et les jeunes ; pour le développement du tourisme de proximité depuis Nouméa et enfin pour le déplacement des associations sportives et acteurs culturels.
Fidji également dans le viseur
Mais les propositions de l’Île des Pins ne s’arrêtent pas là. La municipalité appelle ainsi à la mise en place d’avions plus petits qui correspondent davantage aux besoins locaux et qui offriraient également une meilleure adaptabilité, que ce soit face à la fréquentation ou face aux besoins des uns et des autres. En tête, par exemple, des liaisons inter-îles permettraient d’éviter Nouméa. « L’intérêt de l’inter-îles doit donc permettre aux habitants de Kunié de se déplacer plus facilement, plus rapidement et à moindre coût », insiste la municipalité. Ces avions permettraient ainsi de créer des lignes intérieures plus pratiques et avec un haut intérêt touristique alors que les visiteurs séjournant à l’île des Pins pourraient poursuivre leur voyage directement vers Lifou ou vers Deva.
Mais l’île des Pins veut aller plus loin encore et profiter de l’agrandissement de la piste de l’aérodrome de Moue, programmé dans le courant de l’année prochaine, pour « étudier, sous réserve des conditions techniques, réglementaires, douanières et économiques nécessaires, la possibilité de liaisons régionales directes, notamment avec les Fidji ». A deux heures de l’île des Pins, le voisin mélanésien est un véritable hub pour aller chercher des clientèles australiennes, néo-zélandaises, nord-américaines sans pour autant développer un tourisme de masse. La municipalité évoque à l’inverse un « tourisme choisi, à plus forte valeur ajoutée, respectueux de l’environnement, de la culture et des capacités d’accueil de Kunié ». Sur le plan très pratique, la mairie demande également à ce que l’on examine la question du prix des billets, précisant que « nous comprenons les contraintes économiques liées aux transports aériens, mais nous estimons que la mobilité des habitants de l’Île des Pins doit rester accessible, régulière et abordable ».
C.G.

