La délinquance dont on parle beaucoup en ce moment est un problème à multiples facettes. Outre sa récurrence et son intensité, les dégâts qu’elle provoque dans le quotidien des Calédoniens, il y a d’abord et avant tout le fait qu’elle recrute en masse chez les mineurs, parfois même chez les très jeunes garçons et filles. Les mineurs sont en pointe dans tous les types de délinquance, qu’il s’agisse des vols, des cambriolages ou des agressions. La plupart d’entre eux, sinon tous, sont rapidement interpellés une fois leurs forfaits commis, le taux d’élucidation des affaires tant de la part des gendarmes que des policiers est particulièrement élevé en Nouvelle-Calédonie. Le souci est que la justice ne sait pas quoi faire d’eux puisqu’on ne peut ni les mettre en prison ni leur donner la fessée pour qu’ils ne recommencent plus. Alors ils sont dehors, ils « délinquancent », on les interpelle, on les libère et ils « délinquancent » à nouveau, et cela sans fin, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pages blanches à leur casier judiciaire. Et tout ça à cause de quoi ? Tout d’abord de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs qui prévoit l’excuse de minorité pour échapper à toute peine, et ensuite de l’absence en Calédonie de structures idoines, comme des centres fermés, qui pourraient permettre d’envisager une réhabilitation de tous ces jeunes dont on ne saura jamais quoi faire. Sur ce plan-là , le chantier est colossal.
Lucien Lacombe

