Je sais, je sais, le proverbe ne s’écrit pas comme ça, c’est juste un jeu de mots autour des commentaires qui accompagnent l’élection du 19e gouvernement. Le vocabulaire employé est à la fois martial et engagé : un gouvernement d’action, d’attaque, de stabilité, de mission… On veut montrer que cette fois, c’est le bon, et que cette équipe gouvernementale, consciente des enjeux, des défis et des challenges, est formatée pour mener à bien cette mission impossible : relever le pays et relancer son économie. Même les indépendantistes de l’UC-FLNKS, fortement soupçonnés, à part par la justice, d’avoir mis le feu aux poudres et allumé la mèche au travers de leur bras armé de la CCAT, y vont de leurs avis pour dire qu’ils vont participer activement à la reconstruction. Ainsi Johanito Wamytan écrivait-il encore récemment, et comme si de rien n’était : « la Nouvelle-Calédonie traverse une crise budgétaire sans précédent à la suite des évènements de mai 2024 » ! Bref, tout le monde veut travailler pour le bien commun et l’intérêt général, dans une sorte d’« union sacrée » qui n’en est pas une, évidemment. Voilà pour les grands mots. En ce qui concerne les grands remèdes, ils ne pourront être administrés qu’avec une sacrée bonne dose de courage politique, parce qu’ils vont faire mal et que l’on sait qu’une partie de la population n’entend payer ni pour les autres ni pour les responsables du chaos.
Lucien Lacombe



