Lancée hier dans l’hémicycle de la mairie de Nouméa, la conférence réunit jusqu’à vendredi une centaine d’acteurs du monde médical et institutionnel autour d’un objectif commun : co-construire une feuille de route pour un système de santé mis à rude épreuve.
Depuis l’adoption du plan Do Kamo en 2018, le territoire a traversé des crises successives – Covid, crise du nickel, émeutes – qui ont impacté la population et, par ricochet, le nombre de cotisants. « Il fallait un temps de pause pour qu’on puisse échanger », lance Claude Gambey, avant de dresser un état des lieux du système de santé calédonien. Sur ce point, « la Nouvelle-Calédonie est plutôt bien lotie, mieux que certains départements de France », insiste le membre du gouvernement en charge du secteur, en faisant référence aux travaux du CESE national. « On a un bon système de santé en Nouvelle-Calédonie, confirme Christopher Gygès, en charge de l’économie et du budget, mais qu’il faut être en capacité de rationaliser, prioriser. » Entre 2015 et 2025, les dépenses de santé ont progressé de 15 à 20 milliards de francs, alors que la population a diminué. Revenir à l’équilibre, c’est tout l’enjeu de ce Galliéni de la santé.
Parler sans tabou
La conférence s’organise autour de trois axes : l’attractivité pour les professionnels de santé, la gouvernance de l’offre de soins et la soutenabilité financière. Comme l’explique Naïa Wateou, en charge de la fonction publique, « l’idée, c’est surtout de chercher des solutions pratiques et pragmatiques » et de faire en sorte que le personnel de santé puisse exercer « dans les meilleures conditions ». À ce titre, les participants plancheront jusqu’à demain sur une refonte des statuts, du temps de travail et des dispositifs de valorisation des carrières. « Abordons les choses sans tabou, insiste Christopher Gygès. N’ayons pas peur, par exemple, de parler de spécialisation des établissements. » Durant ces trois jours, il sera aussi question de la révision de la carte sanitaire, sur laquelle travaillent actuellement des experts, pour éliminer les redondances coûteuses. Claude Gambey, lui, espère voir les choses avancer en matière de création d’un numéro unique de santé, pré-requis à la mise en place d’un dossier médical partagé.
À l’issue de ces trois jours, Christopher Gygès ne veut pas de « liste à la Prévert », mais des pistes d’action concrètes et priorisées. Et d’insister : « Peu importe les majorités après le 28 juin (date des provinciales, qui rebattront les cartes au Congrès et au gouvernement, ndlr). Ces mesures devront perdurer. » La restitution publique est prévue vendredi après-midi.
Légende photo : Le Galliéni de la santé a été lancé hier après-midi dans l’hémicycle de l’Hôtel de Ville, en présence des trois membres du gouvernement, Naïa Wateou, Claude Gambey et Christopher Gygès. ©B.Z
Béryl Ziegler



