Il règne ici une sale ambiance et le temps est à l’orage. Depuis trente ans, la Nouvelle-Calédonie a traversé bien des crises politiques, économiques et/ou sociales, mais aucune qui ne prenne cette mauvaise tournure. Ce qui se passe depuis quelques temps maintenant rappelle aux anciens les années de cendres, et l’on ne voudrait pas revivre ce qui secouait le Caillou dans les années 80. Mais cela y ressemble hélas ! De la mise en scène de l’urne brisée jusqu’aux blocages d’hier à Saint-Louis, en passant par les heurts devant la mairie de Nouméa d’il y a quelques semaines, cela a des relents du triste temps passé. A la différence près que les réseaux sociaux, réceptacles de la haine anonyme, attisent le feu et soufflent sur les braises. Ces mêmes réseaux qui transbahutent ces menaces, ces ukases, ces insultes contre les responsables des deux camps, qu’il s’agisse de Louis Mapou, Gilbert Tyuienon, Sonia Backès, Nicolas Metzdorf entre autres. Le calme doit revenir. Samedi, chacun manifestera à Nouméa, et il faudra ensuite passer à autre chose et retrouver la nécessaire sérénité pour que nous avancions enfin, et pour faire en sorte que tout ce que nous venons de connaître n’ait été qu’un feu de paille.
Nicolas Vignoles



