Les facéties de l’Histoire son toujours étonnantes et soulignent parfois quelques paradoxes. C’est ainsi que depuis longtemps maintenant, le 1er mai est célébré par les syndicats et organisations de gauche et donne lieu à des manifestations et des défilés, il en a encore été ainsi cette année à Nouméa. On y met en avant les luttes, les droits et les acquis des travailleurs, même si aujourd’hui on s’interroge sur l’existence d’une classe ouvrière, en se référant aux grands moments du 19ème siècle, comme l’attentat de Chicago en 1886 ou le massacre de Fourmies en 1891. Mais l’on a oublié le principal, l’instauration le 24 avril 1941 du 1er mai comme « la fête du travail et de la concorde sociale », par le maréchal Pétain. A l’initiative de son secrétaire d’état au travail, un ancien de la CGT, le 1er mai devient férié, chômé et payé, et qui plus est, l’églantine rouge qui jusqu’alors était la fleur des syndicats et de la gauche en général, est remplacée par le muguet ! Au moment où les tensions sont vives en France, le climat politique acerbe et les anathèmes nombreux, il vaut mieux passer sous silence certaines vérités historiques. D’ailleurs que ne va pas me valoir le fait de l’avoir évoqué ?
Nicolas Vignoles



