Une fois ça va, deux fois c’est beaucoup, trois fois c’est trop, surtout en l’espace de quelques jours. Hier matin, à la sortie d’une conférence de presse de la CCAT, à Magenta, un jeune militant, accompagné d’un autre, cagoulé (sûrement pour se protéger du soleil) au volant d’un véhicule à l’arrêt, a posé une question à haute voix : « qui est le journaliste de La voix du Caillou ? » Il avait un reproche à exprimer (sur le fait qu’on leur pose des questions sur leurs liens avec Poutine, qu’ils appellent à venir décoloniser le Caillou). Le jeune homme a été étonné de trouver en face de lui une journaliste… enceinte de sept mois. Il s’est vite calmé. Cela aurait-il été différent si ce n’était pas notre consÅ“ur, mais l’un de ses collègues masculins ? Trois jours plus tôt, cette fois au Mwâ Kââ, même contexte, même résultat : en quittant les lieux, un homme (pas le même qu’hier) nous interpelle alors qu’on partait. Calmement, il nous explique qu’il n’aime pas le traitement de l’actualité politique par La voix du Caillou, avant de préciser, à plusieurs reprises, que si notre chef n’arrondit pas les angles dans ses analyses, à la CCAT on finira par « aller le trouver », par « aller le chercher »… Pour lui dire quoi, au juste ? Et lui faire quoi ? Lui tirer les oreilles ? Lui casser les doigts ? Des menaces qui arrivent quelques jours après un premier incident, lors d’une manifestation de la CCAT, déjà à Nouméa : l’un de nos journalistes avait été poussé vers la sortie, malgré l’intervention d’un policier.
Il ne convient pas, là , de noircir le tableau : lors de la marche, mardi, aucun de nos journalistes n’a été importuné. Cela devrait toujours être ainsi, il est triste de devoir le rappeler.
Les pressions politiques, notre rédaction y est habituée : elle en subit des deux côtés de l’échiquier politique. Toutefois, cela vire rarement à la menace aussi clairement exprimée. Heureusement.
Anthony Fillet



