Il a suffi de quelques mots en quelques lignes, sur une seule page, « pour voir en un jour flétrir tant de lauriers » *. Quelques mots seulement pour faire partir le Rassemblement à la dérive, le jour même de son 49e anniversaire ! Que n’ont-ils dans leur bouche fait tourner leur langue moult fois avant d’écrire ce communiqué qui provoque la colère, attise la stupeur, renforce l’indignation. Le Rassemblement, né en 1977, mais qui sortait de municipales qui l’ont vu perdre son dernier bastion, et non des moindres avec le Mont-Dore, se retrouve mis en charpie par l’œuvre même de ses responsables. Et les anciens, ceux du RPCR, de se lamenter, n’ayant plus désormais que leurs yeux pour pleurer. Il en est des partis politiques comme des roses qu’ils se fanent avant de s’assécher. La douleur est certes plus vive encore, lorsque l’action de destruction émane de l’intérieur même de la structure, et par la main même de chefs qui cumulent les erreurs et les récriminations. Le Rassemblement n’est pas mort disent encore ceux qui veulent y croire, mais il perd son âme au nom d’égos mal-dimensionnés et lui qui, en son temps fit l’histoire, rejoint la cohorte de ce que dénonçait Charles de Gaulle : « Les petits partis qui cuisent leur petite soupe au petit coin de leur feu ». Il y a des héritages bien trop lourds à porter.
Nicolas Vignoles
* Monologue de Don Diègue, Le Cid de Corneille (Acte I, scène 4)



