De Thomasse : la création sur mesure comme signature

À Nouméa, la joaillerie De Thomasse s’est construite loin des effets de mode et des trajectoires rapides. Portée par un savoir-faire artisanal exigeant et une progression maîtrisée, l’approche économique de l’entreprise est fondée sur le temps, la confiance et la valeur du geste.

Thibault Thomas a passé une partie de son enfance sur le territoire. Très tôt, il nourrit le projet de se former en métropole avec l’objectif de revenir exercer son métier ici. Il s’oriente vers la bijouterie‑joaillerie et suit, pendant quatre ans, une formation complète dans le Cher : deux années de CAP Arts du bijou et du joyau, puis deux années de Brevet des métiers d’art.

C’est sur les bancs de cette école qu’il rencontre Anne‑Lise. Elle suit exactement le même parcours, et tous deux deviennent joailliers créateurs. Après leurs études, le couple s’installe un temps dans le Sud de la France, avant que Thibault ne concrétise son projet initial : revenir en Nouvelle‑Calédonie. Anne‑Lise le suit. À leur arrivée, le couple fait le choix de la prudence. Ils rachètent un ancien bureau disposant déjà d’un établi et le transforment en atelier. Thibault y exerce son métier en sous‑traitance pour le compte des bijoutiers de la place des Cocotiers. Il se consacre alors au service après‑vente et à la réparation de bijoux, un positionnement discret mais régulier, qui permet de générer un chiffre d’affaires sans s’exposer immédiatement aux aléas du commerce de détail.

La création de l’entreprise n’est pas sans difficultés. Les banques se montrent réticentes à financer le projet. Le couple se souvient de cette période comme d’un défi majeur : deux profils créatifs, un secteur artisanal exigeant, peu de garanties. Pour sécuriser la situation financière, Anne‑Lise exerce différents emplois commerciaux, un choix qui permet d’assurer un revenu stable au foyer et de laisser à l’atelier le temps de se structurer.

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Légende photo : Thibault et Anne-Lise Thomas dans leur atelier.

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