Plus de 100 participants, issus de douze pays et territoires, sont réunis depuis hier à Nouméa pour un séminaire régional consacré à la lutte contre le narcotrafic maritime. Deux jours d’échanges pour renforcer la coopération face à des réseaux criminels toujours plus organisés.
Le Pacifique est devenu un axe stratégique pour les trafiquants de drogue. Et face à cette menace grandissante, les États de la région entendent faire front commun. Une centaine d’acteurs judiciaires, policiers, douaniers et militaires de douze pays et territoires ont pris part hier au séminaire au Château Royal. En ouvrant les travaux, le Haut-commissaire Jacques Billant a rappelé que « le narcotrafic n’est plus une menace lointaine pour le Pacifique. Il est désormais une réalité qui concerne directement nos espaces maritimes, nos territoires et nos populations ». Avant d’ajouter : « Face à une menace qui ignore les frontières, nous avons bien compris que notre réponse devait, elle aussi, dépasser les frontières. » Les routes maritimes reliant les pays producteurs d’Amérique latine aux marchés « particulièrement lucratifs » d’Australie et de Nouvelle-Zélande sont scrutées de près. Voiliers, navires de commerce, conteneurs, ou encore ballots largués près des côtes : les modes opératoires se diversifient et se professionnalisent. Les chiffres présentés par le représentant de l’État illustrent l’ampleur du phénomène. Près de 17 tonnes de drogues illicites, principalement de la cocaïne, ont ainsi été saisies dans le Pacifique au cours des cinq premiers mois de 2026, soit près de quatre fois le volume intercepté sur l’ensemble de l’année 2025.
Au-delà des saisies, démanteler les réseaux
L’enjeu dépasse largement les interceptions en mer. « Une information recueillie dans un port, une suspicion identifiée en mer ou une enquête ouverte sur un territoire peut permettre de faire échouer un trafic à plusieurs milliers de kilomètres », a-t-il expliqué. « Il s’agit aussi de protéger nos sociétés contre l’installation durable de ces organisations criminelles et contre les violences, la corruption et les atteintes à la santé publique qui accompagnent leur développement », a ajouté Jacques Billant, qui s’inquiète notamment du rajeunissement des consommateurs. L’état de la menace et les conséquences économiques, sociales et sanitaires des trafics figuraient au programme de la première journée. Les travaux se poursuivent aujourd’hui avec une ambition : transformer les échanges en actions concrètes et mieux coordonner les moyens de surveillance et d’intervention. En clair, « un Pacifique uni contre le narcotrafic en mer », pour empêcher les organisations criminelles de profiter des failles entre les dispositifs nationaux.
B.Z


