Le groupe minier et métallurgique a enregistré un 3e trimestre en progression, porté par le manganèse et le lithium, malgré des difficultés dans le nickel, notamment à Weda Bay en Indonésie. Eramet confirme également poursuivre ses  « travaux préparatoires » en perspective de l’augmentation de capital prévue d’ici la fin de l’année.
Après une année 2025 mouvementée, marquée par de lourdes pertes financières et des difficultés opérationnelles, le groupe tricolore se redresse progressivement. Eramet a publié le 29 octobre un chiffre d’affaires ajusté à 746 millions d’euros (89 milliards de francs) pour le troisième trimestre 2026, en hausse de 4 % sur un an. La présidente-directrice générale, Christel Bories, met en avant des progrès concrets : « Dans un environnement de marché qui demeure complexe et volatil, l’amélioration de notre performance opérationnelle se confirme ». Selon elle, les résultats du trimestre « reflètent les progrès réalisés » dans l’ensemble des activités du groupe, notamment « la hausse des volumes transportés au Gabon, la montée en cadence de l’usine de lithium de Centenario en Argentine, la reprise de nos activités minières en Indonésie et le redémarrage partiel des expéditions au Sénégal ».
Le nickel en chute libre
Le manganèse, première activité d’Eramet, pèse 57,5 milliards de francs (+ 15 %). Le lithium atteint 8,4 milliards, contre 0,8 milliard un an plus tôt. En revanche, le nickel recule de 64 %, à 6,1 milliards : la mine de Weda Bay, dont Eramet détient 38,7 %, est restée à l’arrêt l’essentiel du trimestre. Après quatre mois de « care & maintenance », elle a redémarré progressivement en septembre, après la révision de son permis de production 2026 au regard des quotas indonésiens. Ce redémarrage « a pesé sur les coûts de production de la mine », précise le groupe. Ces chiffres excluent les ventes de minerai de nickel et autres de la SLN (2,5 milliards de francs au trimestre), dont les pertes sont « intégralement financées par l’État français depuis 2024 ». Le négoce de ferronickel reste en revanche comptabilisé.
Recapitalisation à l’horizon
Comme le confirme le groupe dans son rapport, l’augmentation de capital de près de 60 milliards de francs, qui doit faire de l’État le premier actionnaire du groupe d’ici la fin de l’année, avance également. « Eramet a confirmé son intention de lancer, après la publication du chiffre d’affaires du T3 et avant la fin d’année, une augmentation de capital avec Droits préférentiels de souscription (« DPS ») à hauteur de 500 M€ », indique le rapport. Le groupe tricolore compte sur cette opération pour « renouer avec une phase de croissance à moyen terme ». Trois accords de souscription ont été signés le 23 octobre entre Eramet et ses deux actionnaires de référence, l’Agence des participations de l’État (APE) et Sorame-CEIR, les holdings de la famille Duval. L’Autorité des marchés financiers a accordé le 26 octobre une dérogation à l’État, et un syndicat bancaire est en cours de constitution. Eramet poursuit la revue stratégique de son portefeuille et vise « une monétisation ciblée d’actifs qui pourrait se concrétiser par la signature d’accords avec des partenaires d’ici fin 2026 ». Plusieurs op-tions restent envisagées, « en particulier une ou des cessions de participation minoritaires dans certaines activités du groupe », indique le rapport du 3e trimestre.
Une activité toujours contrainte à la SLN
En Nouvelle-Calédonie, la production minière de la SLN s’est établie à 944 000 tonnes humides au troisième trimestre, en hausse de 17 % sur un an, grâce à l’ouverture d’une nouvelle mine à Houaïlou et à la reprise de l’activité à Kouaoua. Néanmoins, l’activité « reste fortement impactée par la fermeture de certains sites miniers de la Côte Est », précise le groupe tricolore dans son rapport. Quant à la production de ferronickel dans les fours de Doniambo, elle a reculé de 3 % par rapport au troisième trimestre 2025, à 8 900 tonnes de nickel contenu. Le coût de production (cash cost) de la production de ferronickel s’est élevé à 8,1 $/lb en moyenne, en baisse de 4 % par rapport au troisième trimestre de 2025 (8,4 $/lb). Cette amélioration s’explique principalement « par une maîtrise des coûts et un effet de change favorable », indique le groupe minier et métallurgique.
B.Z

