À quelques semaines de la fin d’année, les Calédoniens ont encore la main sur leur impôt de 2027. Benjamin Rouveyrol, gérant associé d’IFP Patrimoine, décrypte un marché contrasté et les leviers à actionner avant le 31 décembre.
Cabinet indépendant installé à Nouméa depuis plus de trente ans, IFP, pour Investissement Finance Pacifique, compte 21 collaborateurs et suit plus de 2 800 contrats. Ses clients vont du salarié qui commence à épargner au chef d’entreprise ou au retraité qui prépare sa transmission. Tous évoluent dans un contexte que son gérant associé, Benjamin Rouveyrol, qualifie de « prudent, mais pas immobile ». L’IEOM juge les perspectives 2026 fragiles et incertaines. L’emploi salarié privé a reculé de 18 % en deux ans et de nombreuses familles ont puisé dans leurs réserves : en 2025, les dépôts à vue ont baissé de 5,2 % et les livrets de 5,6 %. Les dépôts à terme ont en revanche progressé de 12,6 % et l’assurance-vie de 3,2 %, à 181,5 milliards de francs, soit près de 40 % des 463 milliards d’actifs financiers des ménages.
Les marchés sont contrastés. Au 9 octobre, Wall Street gagnait 13,5 % depuis janvier et Tokyo 37 %, portées par l’intelligence artificielle, quand le CAC 40 reculait de 4 %. Le gestionnaire recommande donc de diversifier plutôt que de miser sur une seule zone ou une seule classe d’actifs.
L’assurance-vie reste le premier placement des Calédoniens, avec 2,6 % de rendement en moyenne sur les fonds en euros en 2025 et 4,7 % sur les unités de compte. Les produits structurés à capital garanti (coupons autour de 5,5 % par an) et les SCPI européennes séduisent aussi. Livrets et comptes courants sont délaissés, car ils ne protègent plus de l’inflation.
Un calendrier à ne pas rater
L’impôt de 2027 se joue en 2026. Tout versement déductible, investissement participatif ou travaux doit être payé avant le 31 décembre 2026 pour figurer dans la déclaration du printemps prochain, sinon l’avantage glisse d’un an. Or ouvrir un contrat, vérifier l’origine des fonds et virer vers la métropole prend une quinzaine de jours. Benjamin Rouveyrol conseille de boucler ses démarches vers le 15 décembre, car chaque année des dossiers déposés les 28 ou 29 décembre ne passent pas.
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Delphine Escanes
Trois réflexes avant le 31 décembre
- Utiliser sa déduction assurance-vie, jusqu’à 275 000 francs par foyer.
- Faire le point sur ses placements, prendre des bénéfices et rééquilibrer.
- Relire ses clauses bénéficiaires, ce qui prend dix minutes.
Méfiez-vous des promesses de rendement élevé sans risque et des défiscalisations « clé en main » à boucler avant Noël. Vérifiez que votre interlocuteur est enregistré à l’ORIAS ou au RIAS-NC et ne décidez jamais dans la précipitation.

