Parler d’une seule voix, c’est le pari qu’ont fait en 1936 des entrepreneurs calédoniens, qui ensemble ont créé la « Fédération patronale de Nouvelle-Calédonie ». 90 ans plus tard, leurs héritiers choisissent à la fois de célébrer ce solide héritage, et de transmettre le flambeau aux jeunes générations.
Tout a commencé en 1936. Paul Vois, ingénieur des travaux publics arrivé en Nouvelle-Calédonie en 1921 au moment des premières installations hydroélectriques de Yaté, devenu 15 ans plus tard directeur de la Société Le Nickel, réunit le 17 septembre de cette année-là les principaux chefs d’entreprise du territoire. Il leur propose de créer une organisation représentative des employeurs, destinée à la fois à défendre leurs intérêts et à participer à l’organisation économique : la Fédération patronale de Nouvelle-Calédonie.
Le Medef accompagne les grandes pages de l’histoire calédonienne
Décennie après décennie, le Medef accompagne les grandes pages de l’histoire calédonienne : des balbutiements du modèle social au boom du nickel, des Evénements aux Accords de Matignon-Oudinot puis de Nouméa – avec l’économie au cœur du rééquilibrage, des grands chantiers aux Emeutes… L’organisation patronale s’adapte et surfe sur les crêtes comme dans les creux avec, toujours, la volonté de garder vivant l’esprit entrepreneurial. « 90 années de combat et de travail, c’est exceptionnel pour une organisation patronale. Des milliers de chefs d’entreprise se sont succédés et se sont investis bénévolement », déclarait la semaine dernière dans nos colonnes l’actuel président du Medef Bertrand Courte.
« Le socle de nos adhérents, ce sont les petites entreprises »
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’organisation patronale ne représente pas que les grandes sociétés : « le socle de nos adhérents, ce sont les petites entreprises », précise Bertrand Courte. Le Medef met en avant des valeurs de partage et de solidarité, dans un contexte encore très instable. Pour redresser l’économie, il faudra selon lui « investir dans la jeunesse et les compétences ; diversifier l’économie en renforçant les domaines de l’économie bleue, du numérique, de la transition énergétique et alimentaire et du tourisme ; partager la prospérité sur le territoire mais aussi ouvrir l’économie sur l’extérieur et notamment dans la région ». Riche de son expérience, fort des générations qui se sont investies au cours des neuf dernières décennies, le Medef veut tendre la main aux nouvelles générations et leur transmettre l’énergie d’entreprendre. Car « la plus grande valeur du Medef », insiste Bertrand Courte, « reste l’humain ».
I.P.

