Dans la nuit du 2 au 3 avril 2024, quatre cousins ont dévalisé le magasin de la station Mobil de Poya. Un mégot de cigarette portant l’ADN de l’un d’eux a permis aux gendarmes de remonter jusqu’à eux. Plus de deux ans après les faits, le tribunal correctionnel de Nouméa les a condamnés à des peines allant de huit mois avec sursis simple à un an de prison ferme.
Ils voulaient dérober du carburant, ils ont finalement dévalisé le magasin de la station-service. Rhum, vodka, pastis, charcuterie, confiseries, cigarettes, cartes Mobilis, 40 000 francs en espèces, outillage, peinture… « Tout le monde s’est servi », se souvient Thomas G. devant le tribunal correctionnel de Nouméa. Il est le seul des quatre cousins présent à la barre. Et il n’a pas vraiment eu le choix : détenu dans une autre affaire, il a été extrait de sa cellule par les policiers pour comparaître.
Dans la nuit du 2 au 3 avril 2024, les quatre jeunes gens, âgés de 21 à 26 ans, vadrouillent à bord d’une voiture volée. Ils veulent subtiliser du carburant à la station-service Mobil du village de Poya. Mais une autre idée germe rapidement. Ils coupent le courant pour désactiver l’alarme et les caméras, parviennent à plier une tôle dans la cour arrière de la station et s’engouffrent dans le magasin. À cinq heures du matin, la première employée qui arrive sur son lieu de travail découvre l’étendue du pillage. Les images des caméras de surveillance permettent aux gendarmes de reconstituer la nuit. La bande a fait du repérage avant de multiplier les allers-retours, les bras chargés, entre le commerce et la voiture. C’est finalement un mégot de cigarette, retrouvé dans les brousses, qui la trahit. Il porte l’ADN de l’un des cousins et permet aux enquêteurs de remonter jusqu’au groupe.
« Il ne vole que des voitures »
« Vous avez tout raflé », constate le président. « C’est un butin relativement important, cela représente beaucoup d’argent », assure la procureure Isabelle Fuhrer. La bande est notamment repartie avec près de 550 cartes Mobilis à 1 000 francs l’unité, soit près de 550 000 francs. Une fois rentrés à la tribu, les quatre cousins se sont partagé le tabac et l’alcool. « Ce sont des habitués des vols », déplore la représentante du ministère public. Thomas G. a déjà été condamné à sept reprises. Son avocate, Me Anne-Lise Lebreton, soutient qu’« il ne voulait pas faire le casse de la station ». « Avec une certaine honnêteté, voire une candeur, il vous dit qu’il ne vole que des voitures, pas les particuliers ni les commerces », plaide-t-elle. Le tribunal déclare les quatre cousins coupables. Thomas G. écope d’un an de prison ferme. Jugés en leur absence, ses trois cousins sont condamnés à huit mois de prison, avec sursis simple pour deux d’entre eux et ferme pour le troisième.

