À Touho, une vieille embrouille familiale autour d’un terrain a dérapé. Pris à partie par son neveu, le 17 octobre dernier, un quinquagénaire lui a fracturé la main d’un coup de sabre. Le tribunal correctionnel de Nouméa l’a condamné à deux ans de prison, dont douze mois avec sursis probatoire. « Il y a une responsabilité des autorités coutumières qui ont laissé pourrir ce conflit », a dénoncé son avocate, Me Barbara Brunard.
Ceux qui composent le tribunal correctionnel ne sont ni « des notaires » ni « des responsables coutumiers », mais des magistrats « qui marquent les limites du cadre pénal ». Le président Lionel Barfety a maintes fois répété à Marc O., 50 ans, jugé en comparution immédiate pour avoir blessé son neveu d’un coup de sabre d’abattis à Touho, sa « crainte » de nouvelles « rancunes » et d’une « escalade de la violence ». « Nous sommes là pour éviter que le sang coule à nouveau », a insisté le magistrat.
L’affaire remonte au 17 octobre dernier. Ce jour-là, Marc O., ancien agent de sécurité, va couper du bois avec son frère sur un terrain familial. Or cette parcelle est revendiquée par son neveu, un jeune homme d’une vingtaine d’années, ce qui nourrit les tensions dans la famille. « Le conflit n’a jamais été tranché par les autorités coutumières », constate le président. En plein travail, les deux frères voient le neveu débarquer, fou de rage. Ce dernier leur ordonne de quitter les lieux immédiatement et de ne plus jamais revenir sur le terrain. « Il est venu à notre rencontre pour nous dire que c’était chez lui. Il nous a reproché d’avoir tiré la chaîne à l’entrée de la propriété mais nous lui avions dit qu’il n’avait pas le droit de mettre une barrière. C’est chez nous aussi », raconte Marc O.
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Connectez vous pour y accéder !
Jean-Alexis Gallien-Lamarche

