Trois années marquées par les émeutes, les discussions en vue d’un accord institutionnel et le soutien accru de l’Etat : Georges Naturel dresse le bilan de son mandat de sénateur à mi-parcours. Le sénateur calédonien dit notamment prôner un « dialogue sans renoncement ».
Son élection au Sénat au premier tour en 2023, avec des alliances jugées « contre-nature » par les groupes loyalistes, avait fait polémique. Georges Naturel l’a expliquée par son expérience et une campagne de terrain très active et sans étiquette politique, niant tout « accord » avec les indépendantistes. « Tenir le cap dans l’épreuve », c’est l’intitulé de l’éditorial de ce bilan de mi-mandat dans lequel il dit vouloir « rendre compte de son travail parlementaire ainsi que sur le terrain ». Trois années pesantes, pour le sénateur comme pour l’ensemble des Calédoniens dont il affirme vouloir « porter la voix sans outrance, mais sans faiblesse ».
« Alerter dans l’urgence »
Georges Naturel y revient d’abord sur les émeutes de 2024 et les accords de Bougival et d’Elysée-Oudinot, où il a fallu, explique-t-il, « alerter dans l’urgence, défendre les moyens de la reconstruction, soutenir les communes et rechercher des solutions lorsque le dialogue semblait compromis voire impossible ». Le 15 mai 2024, le sénateur calédonien est ainsi intervenu en séance publique, rappelle-t-il, pour alerter le gouvernement sur la gravité de la situation et réclamer l’état d’urgence. Georges Naturel déclare avoir plus tard agi pour « empêcher que la Nouvelle-Calédonie ne disparaisse des priorités nationales, après l’urgence », et pour que soit inscrite durablement la reconstruction du territoire dans le budget de l’Etat. Politiquement, le sénateur plébiscite une ligne « transpartisane », qui s’est matérialisée en Nouvelle-Calédonie par une alliance avec Philippe Gomès et Walles Kotra aux dernières élections provinciales. Sur le plan national, l’ancien maire de Dumbéa a ensuite quitté au palais du Luxembourg les rangs des Républicains – LR, pour rejoindre le groupe de l’Union centriste et indépendants – l’UCI.
L’intégration des natifs dans le corps électoral provincial
En mai dernier le Congrès approuve lors d’un vote en demi-teinte la proposition de loi organique portant intégration des natifs dans le corps électoral provincial, portée par Georges Naturel. 10 575 natifs sont ainsi réintégrés dans le corps électoral provincial, mettant fin, selon le sénateur, à « une situation devenue démocratiquement intenable ». Le texte fait toutefois des remous chez les indépendantistes, pour lesquels le sujet ne pouvait être traité depuis Paris « sans consensus institutionnel ». Mais aussi par les loyalistes, qui ont critiqué une initiative unilatérale, et une vision « a minima ». Gil Brial a notamment indiqué lors de cette séance au Congrès, qu’il n’était pour le groupe les Loyalistes pas possible de « se prononcer en faveur d’une ligne insatisfaisante. Nous nous abstenons pour envoyer un signal politique à l’Etat et au Sénat, auxquels nous demandons d’intégrer les conjoints. Ce texte ne suffit pas et n’est pas conforme à l’Accord de Nouméa ; ça ne servait à rien que l’on dise trois fois non à l’indépendance si nous restons des Français de seconde zone ».
« Une expérience d’élu de terrain »
Sur ses prérogatives et son bilan de sénateur, Georges Naturel continue sinon de faire valoir son expérience d’élu de terrain et affirme vouloir « défendre les communes et ceux qui les font vivre, avec le regard d’un maire ». Il soutient au Sénat la loi portant création d’un statut de l’élu local. Le parlementaire calédonien veut encore « porter la voix du territoire au cœur de la délégation sénatoriale aux Outre-mer ». L’objectif, bâtir un « partenariat » entre l’Etat et les territoires, mais aussi bénéficier davantage des moyens de l’Union européenne. Georges Naturel estime que, face aux défis du monde d’aujourd’hui, à la vie chère, et aux caractéristiques d’éloignement et de vulnérabilité économique, les territoires français du Pacifique doivent faire preuve de solidarité. Ils pourront ainsi mieux défendre leur souveraineté et renforcer leur influence. Une position qui est aussi celle de l’UE et des Chambres de l’agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis-et-Futuna, qui ont créé l’année dernière la Fed-CAP. Pour les trois prochaines années, Georges Naturel s’engage enfin pour la « construction d’une stabilité institutionnelle durable », et pour une reconstruction économique « réussie ».
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Crédit Photo Facebook du sénateur Georges Naturel

