La justice en Calédonie vient de procéder à l’installation de deux nouveaux magistrats, l’occasion de rappeler les priorités de l’institution judiciaire en Nouvelle-Calédonie : la délinquance du quotidien, les violences intrafamiliales et les cambriolages. Les nouveaux arrivants sont prévenus, ils ne vont pas manquer de travail, et ce dans un contexte particulier, à savoir un Camp-Est indigne et surpeuplé, l’absence de structures spécialisées pour les mineurs, et celle de suivis sociojudiciaires ou médicosociaux. Et tous ces manques préjudiciables compliquent l’action de la justice, l’empêchant notamment d’appliquer la loi correctement. Par manque de place et de structures en effet, on emprisonne moins ou pas du tout, sursis et bracelets électroniques devenant la règle. Et les délinquants le savent, d’où des taux de récidive hallucinants, sans que l’épaisseur des casiers judiciaires de la plupart ne modifie quoi que ce soit dans le traitement de leurs délits. L’attaque au sabre d’abattis d’un commerce, récemment à Païta, est une attaque à main armée punie théoriquement à ce titre de vingt ans de réclusion criminelle. Pensez-vous que l’auteur de ces faits qui, inévitablement, sera interpellé, et qui très certainement n’en était pas à son « coup d’essai », sera condamné à cette peine ?
Lucien Lacombe

