Six nouveaux magistrats ont été présentés lundi matin lors de l’audience solennelle du tribunal de première instance de Nouméa. Si leur arrivée a été saluée par leurs pairs, le président du tribunal, Gérald Faucou, et le procureur de la République, Yves Dupas, ont pointé l’insuffisance des effectifs de greffe et alerté sur la situation de Koné, où un seul magistrat sur trois est en poste. La cérémonie a aussi été marquée par l’émotion du chef du parquet, qui vivait sa dernière audience solennelle avant son départ.
Ils sont six nouveaux magistrats, venus de Tarbes, de Perpignan ou encore de Mayotte, pour prêter main-forte à la justice calédonienne. Cinq juges du siège et une substitut du procureur ont été officiellement installés lors d’une audience solennelle dans la salle des assises du palais de justice de Nouméa. Face aux deux rangées de robes noires, le haut-commissaire, Jacques Billant, la présidente du Congrès, Virginie Ruffenach, et un parterre d’officiels – autorités politiques, civiles et militaires – ont assisté à la cérémonie. « Une audience d’installation, c’est un moment important dans la vie de nos juridictions, a souligné le procureur de la République, Yves Dupas. C’est aussi un signe incontestable de renouvellement et de vitalité, fort nécessaire pour nos équipes. »
De la pédagogie judiciaire
Le président du tribunal, Gérald Faucou, a fait le choix de la pédagogie, en détaillant chaque fonction avant d’en présenter le titulaire (lire l’encadré). « Quand on dit juge d’instruction, juge des enfants, qu’est-ce qu’il y a derrière ? Quel est le rôle exact de ces magistrats ? C’est important de le rappeler en quelques mots, en quelques phrases », a-t-il expliqué après l’audience. Aux deux nouveaux magistrats instructeurs, Patrice Gelpi, vice-président chargé de l’instruction, et Madÿ Vimont, juge d’instruction, il a décrit avec vigueur l’exigence de la fonction. « Le juge d’instruction doit faire preuve d’une indépendance d’esprit absolue. Il ne lui appartient pas de confirmer une conviction initiale, celle du parquet, mais de soumettre chaque hypothèse à l’épreuve des faits », a-t-il déclaré. Le cabinet de Madÿ Vimont a d’ailleurs été créé « en raison de la charge importante du nombre de procédures instruites ». À Maud Armenio, nouvelle juge des enfants, le président a glissé qu’« un mineur n’est pas un adulte en miniature ». « Il ne s’agit ni de minimiser les faits, ni de renoncer à la sanction », a-t-il nuancé, avant de pointer une particularité locale. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende photo : Gérald Faucou, président du tribunal.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche

