Le tribunal correctionnel de Nouméa a reconnu un père de famille coupable d’agressions sexuelles en série sur ses deux filles pendant près de dix années. De la Métropole au Caillou, cet homme a continué à s’en prendre à elles sans éveiller les soupçons.
Un jour, elle a pris ses affaires et elle a fui la Calédonie. Sans jamais se retourner. Sans avertir ses parents, à qui elle avait fait croire qu’elle dormait chez une copine. Des années plus tard, son visage apparaît sur les écrans du tribunal correctionnel de Nouméa. Depuis la Métropole, où elle vit désormais, elle témoigne longuement des horreurs que lui a fait vivre son père pendant toute son enfance. « Je ne souhaite plus jamais lui parler », commence-t-elle, alors que son père, qui habite toujours sur le Caillou, est à la barre pour répondre d’agressions sexuelles incestueuses commises sur ses deux filles pendant dix ans, de 2008 à 2018.
Les attouchements que l’aînée dit avoir subis ont commencé alors qu’elle était à l’école primaire, en Métropole. La jeune femme, 26 ans aujourd’hui, se remémore ces moments où elle était « allongée sur le canapé devant la télévision » et où son père se collait à elle pour la toucher. « Il me couvrait d’un plaid pour ne pas qu’on le remarque. Il me touchait les seins, les fesses. C’était au moins quatre fois par semaine », se souvient-elle. Ces abus incestueux se prolongeaient ensuite dans sa chambre, au moment du coucher. Des années durant, elle n’a jamais rien dit, souffrant en silence. « J’ai cru que ce qu’il me faisait était normal. C’est en grandissant que j’ai compris ». La jeune femme continue son récit : « Il m’avait proposé de coucher avec lui. Il parlait toujours de sexe. Il me caressait tout le temps. C’était un secret qu’il m’avait demandé de garder. Je n’ai jamais parlé à ma mère et à ma famille. C’est vers mes 17 ans que j’ai dit stop ». C’est là qu’elle décide de fuir le pays « parce qu’elle n’osait pas parler de ce secret au risque de briser la famille » et « pour échapper à ses agressions », relève le président.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche

