Depuis la mi-août, la circulation grippale repart nettement à la hausse sur le territoire. Au Médipôle, le masque chirurgical a fait son grand retour et, en ville, les pharmacies observent les patients affluer en quête de traitements. Les autorités sanitaires réitèrent leur appel à renforcer les gestes barrières, sans céder à la panique.
Dans les cabinets médicaux, de Nouméa aux dispensaires de Brousse et des Îles, les consultations pour syndromes grippaux s’enchaînent sans répit. Et au Médipôle de Koutio, le masque sur le nez et le gel hydroalcoolique sur les mains sont redevenus la règle. Depuis la mi-août, le virus de la grippe a repris du terrain à travers tout l’archipel, remettant les professionnels de santé en état d’alerte.
Une reprise qui appelle à la vigilance
Le premier signal d’alarme a été officialisé le 17 septembre par le gouvernement, qui faisait état d’une reprise de la circulation grippale depuis la mi-août. Dans ce contexte, la DASS appelle à renforcer la vigilance et les gestes de prévention. La surveillance virologique permet d’identifier les virus en circulation et d’en suivre l’évolution. Pour cet article, seuls les chiffres pouvant être retrouvés directement dans une publication officielle accessible sont retenus.
Les officines et le CHT sous pression
Sur le terrain, l’impact sur le système de santé est bel et bien concret. Au CHT Gaston-Bourret, depuis le 22 septembre, la direction impose le port du masque chirurgical aux visiteurs comme aux soignants dans tous les services de soins et de consultation. En pharmacie : maux de tête, fièvre tenace, courbatures et fatigue intense… Les officines calédoniennes font face à une nette hausse de la fréquentation pour soulager les symptômes, avec parfois plus de 30 consultations par jour liées à la grippe dans certains cabinets médicaux. Bien que sous tension, les stocks de médicaments de première intention restent pour l’heure suffisants.
Le réseau sentinelle, thermomètre de la circulation virale
Pour suivre la grippe au-delà des seuls cas confirmés en laboratoire, la DASS s’appuie sur son réseau de médecins sentinelles. Il réunit 24 centres répartis sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, dont neuf médecins généralistes bénévoles. Né en 2014 de la fusion des réseaux de surveillance de la grippe et des arboviroses (dengue…), il recueille les données épidémiologiques remontées du terrain et alimente les bulletins épidémiologiques de la DASS. Il permet ainsi de suivre l’évolution des infections respiratoires et de repérer rapidement une modification de leur circulation.
2025, un précédent utile pour lire la situation actuelle
Le dernier bilan détaillé publié pour 2025 donne un point de comparaison : au 2 novembre, la DASS comptabilisait 1 747 tests réalisés depuis le 1er janvier et 245 cas de grippe confirmés. Les virus identifiés étaient principalement A/H3N2 (42 %), devant A/H1N1 (29 %), B/Victoria (17 %) et des grippes A non sous-typées (12 %). En décembre, le point épidémiologique de la DASS signalait parallèlement…
Rappel des réflexes de prévention
Face à la reprise épidémique, la DASS rappelle qu’un ensemble de réflexes simples permet de bloquer la chaîne de transmission : le port du masque dès l’apparition de symptômes respiratoires (toux, éternuements, écoulement nasal) ou en présence de personnes vulnérables. L’hygiène des mains par un lavage régulier au savon ou une désinfection par friction hydroalcoolique. L’aération des locaux pour renouveler l’air intérieur plusieurs fois par jour. La distanciation sociale pour éviter la contamination par le virus. Et enfin une vaccination préventive, fortement recommandée pour les seniors de plus de 65 ans, les femmes enceintes ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques ou d’obésité sévère. Le vaccin 2026 intègre la souche protectrice A(H1N1)pdm09.
Où consulter ?
En cas de symptômes non graves, privilégiez votre médecin traitant, le centre médico-social (CMS) le plus proche ou un conseil auprès de votre pharmacien. Réservez les services d’urgences aux complications sévères ou sur recommandation d’un professionnel de santé.
Légende photo : Masque et hygiène des mains font partie des principaux réflexes recommandés lorsque les virus respiratoires circulent activement.



