La CPME-NC alerte sur le sort de Pacific Valorisation, petite usine calédonienne de recyclage de papier et de carton qui, faute de débouchés suffisants, est menacée de fermeture. L’organisation patronale réclame des solutions concrètes.
Pacific Valorisation est une petite société, entrée en production fin 2024, qui recycle papier et carton en boîtes d’œufs, assiettes et autres emballages biodégradables. Dans un post Facebook, la CPME-NC estime que sa situation « reste critique ». Le 9 septembre, dans une communication adressée aux médias, l’organisation patronale précisait que, sans solution rapide pour sécuriser davantage de débouchés, l’usine « pourrait être contrainte de fermer ses portes d’ici la fin du mois de septembre ». Et la CPME démontre les nombreux bienfaits de cette entreprise, dont l’activité répond aux objectifs de « réduction des déchets, d’économie circulaire, de production locale et d’emploi ».
Des économies et des emplois à la clé
Selon l’entreprise, l’enfouissement des déchets papier-carton coûte 20 700 francs la tonne, et jusqu’à 110 000 francs de coût global de traitement pour certains circuits, comme au Mont-Dore. Ainsi, mille tonnes valorisées localement représenteraient, selon elle, une économie de 20,7 millions de francs d’enfouissement. Le développement de l’usine représente, à terme, un potentiel pouvant aller « jusqu’à 50 emplois locaux ». Selon l’entreprise, 100 millions de francs de produits importés génèrent zéro à deux emplois locaux, contre environ six pour un même chiffre d’affaires réalisé en Nouvelle-Calédonie. « Le frein ne peut pas être réduit à une question de prix », souligne le post de la CPME : sur les boîtes à œufs, l’écart avec l’import serait d’environ 1 franc par œuf et pourrait « diminuer avec les volumes ».
Et la CPME souligne les innovations de l’entreprise. Elle cite notamment la production de contenants « résistants à l’eau et aux graisses jusqu’à 5 jours » et des procédés développés par l’entreprise « associant matières recyclées et essences de bois locales pour aller vers une étanchéité complète ». Des productions qui, à terme, pourraient « remplacer des emballages plastiques à usage unique et créer un débouché pour la filière bois ». « Alors pourquoi un outil qui réduit nos déchets, crée de l’emploi et de la valeur locale reste-t-il sous-utilisé ? », interpelle la CPME-NC.
La protection de marché ne constitue pas nécessairement la réponse à apporter à ce type de situation, précise l’organisation. « L’enjeu n’est donc pas nécessairement de fermer le marché, mais de créer les conditions permettant à une production locale pertinente de trouver son marché et de démontrer sa viabilité ». Après des rendez-vous pris auprès du Haut-Commissariat et du gouvernement, une mobilisation aux Îles Loyauté et un rendez-vous avec la Ville de Nouméa, « il faut des solutions », insiste l’organisation, qui conclut : « Combien coûterait réellement à la Nouvelle-Calédonie la perte d’un tel outil ? »

