Le 19 septembre, on commémore le Ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre, et ainsi commence l’épopée calédonienne dans la Seconde Guerre mondiale, pas assez mise en avant ni expliquée, hélas. Mais c’est bien la Nouvelle-Calédonie toutes ethnies confondues, en particulier les kanak, qui se rallie et s’engage, au grand dam des indépendantistes qui voudraient bien le faire oublier. C’est pourquoi ce 19 septembre, ils ont tenté de mener leur « commémoration », ainsi de la mort de Pierre Declercq en 1981, et ça n’a pas rameuté les foules ni à Saint-Louis ni à la Conception. Les indépendantistes oublient que l’Histoire a le cuir tanné, et que rien ne s’efface surtout pas l’engagement et le sacrifice des volontaires calédoniens dans la guerre. Ailleurs, ce 19 septembre était festif. Après les cérémonies militaires et patriotiques sur le quai Ferry, les Calédoniens ont fait la fête. Pas tant pour se souvenir du Ralliement, que pour le plaisir et le bonheur de se retrouver et de montrer par leurs rassemblements qu’il est possible de surmonter les traumatismes et de panser les plaies. Alors ils étaient des milliers au carnaval du Mont-Dore, de même qu’à l’Hippodrome de Nouméa pour la clôture de la saison hippique. Et c’est cette Calédonie-là qui marque les esprits et que l’on veut voir, plutôt que celle qui se morfond volontairement dans ses rancœurs et ses combats perdus.
Lucien Lacombe

