« Paris, reine du monde… » *, sans doute est-ce pour cela que des miracles s’y produisent, ainsi en ce moment où la mission transpartisane pourrait bien réussir son pari d’obtenir une nouvelle aide massive de la France. Un miracle que la mission ne devrait qu’à elle-même parce que devant la représentation nationale, elle a parlé d’une seule voix. L’urgence et la gravité de la situation font qu’en effet, le temps d’un voyage, des partis opposés se retrouvent pour défendre la même cause, celle de l’intérêt général des Calédoniens. Profitons donc de l’instant, ceux de ce genre sont si rares en ce moment, et écoutons le président du gouvernement nous dire que « le bébé se présente bien ». En même temps, y a-t-il une autre voie ? La France ne peut pas défendre ses intérêts dans le Pacifique, y revendiquer une place majeure de partenaire stratégique du FIP, et laisser périr la Nouvelle-Calédonie, au prétexte que sa large autonomie l’aurait détachée et éloignée des subsides de la mère patrie. On ne peut pas avoir dit trois fois Oui à la France et l’entendre nous conseiller d’apprendre à vivre comme Job le pauvre ! Si la Nouvelle-Calédonie parle à la France d’une seule voix, cette dernière n’a pas d’autre voie à suivre que celle de nous soutenir, mais aussi de nous protéger de nous-mêmes et des autres, qu’il s’agisse de Bakou ou de Port-Vila.
* Tiré de la chanson, « ça, c’est Paris » créée le 22 décembre 1926 par Mistinguett, reprise par Maurice Chevalier.
Lucien Lacombe

