Une fois l’émotion de l’élection retombée, on se retrouve les mains dans le cambouis jusqu’au coude. C’est ce que doit se dire Milakulo Tukumuli, porté président du gouvernement parce qu’à la tête d’un parti charnière, et qui doit sans tarder s’attaquer à bien des problèmes. Il est en charge des transports, grand bien lui fasse doivent se dire certains, qui attendent de le voir se débattre avec le dossier Aircal-Tontouta. Entre les intérêts particuliers de certains loyaltiens et l’avenir d’une compagnie aérienne et de ses salariés, vers où pencheront ses inclinaisons ? Nous avons déjà dit de combien de courage devront s’armer les membres du gouvernement s’ils veulent faire avancer la réforme et sauver ce qui peut l’être encore, et ben ça commence ce jeudi à Lifou, sur le dossier Aircal. Parce qu’aux îles, je crois qu’ils commencent en avoir par-dessus la tête de toutes ces affaires, parce qu’après la Covid et les émeutes, les blocages des aérodromes rendent les gens plus pauvres, plus abandonnés et plus désespérés. Peut-on être indépendants le ventre vide ? C’est la question qu’ils posent tous en filigrane et à laquelle aucun de leurs responsables ne veut répondre, ce qui explique leur impressionnant et abyssale silence sur ce dossier gordien. Le président s’en va aux îles, souhaitons-lui force et courage.
Lucien Lacombe



