L’association Truly, qui œuvre à démasquer les pédophiles traquant leurs jeunes proies sur Internet, s’en est étouffée : l’homme interpellé le 13 mai dernier, parce qu’il avait donné rendez-vous à une fillette (qui n’existait pas) sur les réseaux sociaux, a été condamné à  dix mois de prison avec sursis et est ressorti libre du tribunal. Doit-on en conclure que, sur ce point, la justice est défaillante ? Bien sûr que non, mais cela permet de mesurer à la fois les faiblesses et la force du droit. Les faiblesses, car notre code pénal sera toujours en retard sur l’internet et ses déviances. Sa force, parce que notre droit permet quand même de juger un homme, alors qu’il n’y a ni crime ni victime, mais seulement une coupable intention. Et cette seule intention peut être condamnée. Dans ses sinistres affaires de pédophilie, avec les moyens dont elle dispose et qui sont bien souvent insuffisant, la justice d’abord est sensibilisée et ensuite agit néanmoins. Peut-être pas assez vite ni assez durement aux yeux des victimes et de ceux qui les soutiennent et les entourent, mais la justice est là . Ensuite, l’autre problème, qui n’est pas résolu celui-ci, c’est de savoir, si et comment la justice entend mener ses relations avec ceux et celles qui estiment de leur devoir de l’aider…
Lucien Lacombe



