À quelques jours des élections provinciales du 28 juin, les forces de l’ordre peaufinent leur dispositif afin de garantir le bon déroulement d’un scrutin particulièrement attendu. Plus de deux ans après les émeutes qui ont secoué la Nouvelle-Calédonie, les autorités assurent avoir mis en place des moyens renforcés pour permettre aux électeurs de voter dans des conditions sereines.
Pour la Direction territoriale de la police nationale (DTPN), ces élections constituent un rendez-vous majeur. Au-delà du renouvellement des assemblées de province, elles détermineront également la future composition du Congrès et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Un scrutin d’autant plus sensible que la question du corps électoral, à l’origine des tensions ayant conduit aux violences de mai 2024, demeure au cœur du débat politique local.
« À enjeux exceptionnels, dispositif exceptionnel »
« Comme tout scrutin à forts enjeux, nous sommes très attentifs à faire en sorte que la campagne électorale se déroule de manière sereine », souligne la police nationale. Les responsables policiers rappellent que leur mission n’est pas d’intervenir dans le débat politique mais de garantir les conditions de sécurité nécessaires à l’expression démocratique. L’objectif affiché est clair : permettre à chaque électeur de se rendre aux urnes librement et en toute sécurité. Les policiers seront ainsi mobilisés aux abords des bureaux de vote afin de prévenir tout incident susceptible de perturber le scrutin. La DTPN évoque également un quadrillage renforcé du terrain, une présence visible des effectifs sur la voie publique ainsi qu’une capacité d’intervention rapide en cas de besoin.
« À enjeux exceptionnels, dispositif exceptionnel », résume la direction de la police nationale. Les autorités assurent avoir tiré les enseignements des événements de mai 2024 dans la préparation de cette échéance électorale. L’expérience acquise lors de la gestion de la crise a notamment permis d’identifier des pistes d’amélioration et d’adapter les dispositifs de coordination entre les différents services engagés. La coopération entre police nationale et gendarmerie nationale constitue d’ailleurs l’un des piliers du dispositif. Les deux forces de sécurité travaillent en étroite coordination afin d’assurer une surveillance cohérente du territoire et une circulation rapide des informations. Le Haut-commissariat a par ailleurs confirmé un renforcement des moyens déployés. Alors que douze escadrons de gendarmerie mobile étaient déjà présents sur le territoire, quatre escadrons supplémentaires ont été acheminés à l’approche du scrutin. Le dispositif compte désormais seize escadrons de gendarmerie mobile, soit près de 1 120 militaires au total.
Sans détailler précisément la répartition de ces effectifs, les autorités indiquent que l’ensemble du dispositif vise à garantir le libre exercice du droit de vote et à prévenir tout trouble à l’ordre public susceptible de perturber le déroulement des opérations électorales. À quelques jours du scrutin, le message adressé aux électeurs se veut rassurant. Les forces de l’ordre affirment aborder cette échéance avec vigilance mais également avec confiance dans leur capacité à assurer la sécurité des Calédoniens et le bon déroulement de ce rendez-vous démocratique majeur.



