Tandis que la justice est dans la tourmente et que certains de ses membres auront des comptes à rendre, des juges d’instruction ont cru bon d’exonérer les dirigeants de la CCAT, dont son président, de toute responsabilité dans le déclenchement et l’organisation de l’insurrection. Mais en effet, comme le soulignait Yves Dupas, procureur de la République, le débat judiciaire n’est pas clos. Il ne l’est pas parce que le parquet a fait appel d’une part, et d’autre part parce que dans un pays aussi petit que le nôtre, tout finit par se savoir quand ça n’est pas déjà su, et tous les non-lieux du monde ni changeront rien. On voit bien d’ailleurs à la lecture des plus de 250 pages de la décision des juges d’instruction, que des noms sortent, que des conversations sont mises en lumière et que des positions politiques sont défendues, expliquées, argumentées par des acteurs qui aujourd’hui font tout pour faire oublier leurs frasques radicales de l’époque. Il y a une vérité dans le 13 mai et en dépit du non-lieu, elle sortira de son puit pour nous éclairer et faire taire les mensonges, les tromperies et les complicités. Et qu’on se le dise, le scrutin provincial de dimanche prochain entre lui-aussi dans le processus de mise en lumière de la vérité, il ne faut donc pas se tromper de bulletin, et choisir entre la vérité, ceux qui veulent faire oublier leur rôle de l’époque et ceux qui veulent que l’on tourne la page comme si rien ne s’était passé !
Nicolas Vignoles



