Paul de Saint-Sernin, humoriste et comédien bien connu du grand public, est de passage à Nouméa pour jouer son premier spectacle de stand-up au centre culturel Tjibaou vendredi et samedi soir. Il y évoquera ses échecs, son enfance particulière rythmée par une éducation stricte et les terrains de foot de région parisienne.
Tout juste débarqué de la Tontouta, l’artiste vient de passer quelques jours à Tahiti où il a également joué son spectacle. Chevalière au doigt, coupe de cheveux à la Louis XVI (c’était son surnom à l’école…), du haut de son mètre quatre-vingt-dix il ne passe pas inaperçu au milieu des Nouméens.
Dans le café en bord de mer où il nous invite pour cette interview, il nous raconte son étonnement d’être connu et reconnu à l’autre bout du globe. Justement, deux petites filles viennent à la table pour lui demander un selfie, qu’il fait avec plaisir. Pas fatigué pour un sou, enjoué et reconnaissant de ce qu’il est en train de vivre, l’interview prend petit à petit une allure de discussion sur l’histoire de la Nouvelle-Calédonie ou à propos des différentes espèces de requins de Tahiti. Il a hâte de découvrir le territoire et de faire connaître son show à un nouveau public.
On connaît de vous le plaisir de la vanne, l’amour du football, le vouvoiement de vos parents. Quels sujets que l’on ne connaît pas sur Paul de Saint-Sernin abordez-vous dans votre spectacle ?
Le spectacle parle de décalage, d’inclusion. C’est l’histoire d’un petit garçon qui est un peu différent, à l’écart, et qui ne comprend pas trop pourquoi… et qui finit par le comprendre à la fin du spectacle. J’aborde des thèmes qui parlent à plein de gens comme la famille nombreuse, les départs en vacances, les relations amoureuses.
Je raconte par exemple à quel point je suis nul en couple, à quel point j’étais bizarre à l’école et que j’étais un peu différent des autres gars du club.
Surtout, les gens vont découvrir une autre facette, un autre humour. Quand je fais le sniper dans « Quelle Époque » (émission diffusée sur France 2, ndlr) mon travail est de vanner les gens, ça me fait marrer, mais le vrai Paul, c’est celui qui est sur scène.
Le spectacle, c’est moi qui me moque de moi-même. C’est le petit Paul fragile qui raconte à quel point il est nul et qu’il galère. Et j’en suis très fier : c’est la chose sur laquelle j’ai le plus bossé dans ma vie. Le fait qu’il ait reçu des prix, des récompenses, ça a validé mon travail, je me suis dit « ah ! j’ai bien fait de me donner du mal ».
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Légende photo : L’humoriste originaire de Paris pose le pied pour la première fois en Nouvelle-Calédonie.
Propos recueillis par Jade Esposito



