On sait que les indépendantistes kanak ont une vision bien à eux de la démocratie, rappelons à cet effet les dernières déclarations à l’Assemblée du député Emmanuel Tjibaou sur le droit de vote et le droit à l’autodétermination. Mais ils ont surtout un vrai problème avec les élections. En clair, leur souci est que des élections ça se gagne ou ça se perd, et il se trouve qu’ils en ont perdu plus qu’ils ne le supportent. Aussi faut-il très souvent trouver des raisons, des prétextes, des excuses, des arrangements avec l’histoire et la démocratie, pour ne pas trop désespérer les militants. C’est ainsi que le 3e référendum, qu’ils avaient pourtant réclamé de l’État, a été contesté au prétexte des morts du Covid (comme si les victimes de la pandémie n’avaient été que kanak !), pour éviter de reconnaître aux yeux du monde une troisième défaite, synonyme de définitive. Et pour ces provinciales, le FLNKS, qui n’est guère confiant après les municipales qu’il n’a pas remportées loin s’en faut, se plaint de ce que le regroupement des bureaux de vote à Nouméa pénaliserait ses électeurs. Le sénateur Robert Xowie s’en est plaint au Sénat, ce qui lui a valu, de la part de l’État, le rappel que tous les recours déposés contre ce dispositif avaient été rejetés Naïma Moutchou soulignant même que « le juge des référés a précisément indiqué que c’était tout à fait conforme au droit électoral » ! Mais ça, c’est encore un coup de la justice coloniale !
Nicolas Vignoles


