Jacek Stopa, Grand Maître international, était en visite exceptionnelle à Nouméa la semaine dernière. L’occasion pour les joueurs locaux de progresser auprès d’un champion qui a côtoyé l’élite mondiale des échecs.
Ils sont rares, très rares, les moments où la Nouvelle-Calédonie accueille l’un des meilleurs joueurs d’échecs de la planète. Jacek Stopa, Grand Maître international, a posé ses bagages à Nouméa pour quelques jours la semaine dernière, transformant le club d’échecs local en université de haut niveau. Pour Nicolas Douyere, co-champion de Nouvelle-Calédonie aux échecs, une telle visite est un réel avantage afin d’« essayer de relever notre niveau de jeu, bien inférieur à celui d’un Grand Maître. Par exemple, jeudi, il nous a donné ce qu’on appelle une masterclass. Il nous a fait un cours de trois heures. Et on a beaucoup appris. C’est formidable. » Un éloge qui parle de lui-même.
Ces occasions sont assez rares ici. Pour Nicolas, elles sont même « plutôt occasionnelles ». « On a eu un Grand Maître, Samy Shoker, qui a vécu sur le territoire il y a quelques années, mais il est parti il y a deux ans. C’est assez rare d’avoir un Grand Maître qui vient de l’étranger. Le dernier avant celui-ci, c’était Nigel Short, qui était là en 2022 ou 2023. »
Un champion qui débute sa remontée
Qui est réellement Jacek Stopa ? Non pas une légende intouchable, mais un compétiteur qui peu à peu retrouve ses prouesses passées. Lors d’une interview en marge du tournoi organisé vendredi soir par le club d’échec de Nouméa dans la salle d’honneur de la mairie, le Grand Maître a partagé son parcours singulier. Enfant prodige, il a remporté la médaille de bronze aux championnats du monde juniors à 18 ans. « J’avais un classement FIDE [système de classement des joueurs d’échecs, NDLR] autour de 2500, et je me classais parmi les meilleurs juniors du monde, » confie-t-il. À 27 ans, il a franchi le seuil suprême et obtenu le titre de Grand Maître. Mais la vie l’a ensuite éloigné des échiquiers.
Alors qu’il avait atteint les 2551 points et une belle 112e place mondiale, il a peu à peu rétrogradé dans la hiérarchie alors que, pendant une décennie, il a travaillé dans le secteur informatique et comme programmeur. « Il y a trois ans, j’ai quitté mon emploi aux États-Unis et j’ai recommencé à m’entraîner, » révèle-t-il. Depuis, il grimpe progressivement vers son ancien niveau. Malgré cette baisse temporaire, il reste redoutable : il a déjà battu des joueurs du top 10 mondial.
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Claire Rio-Pennuen




