En septembre 2022, Raoul Médard s’était introduit dans une maison de Koutio pour y commettre un cambriolage avant de s’acharner avec une extrême violence sur son propriétaire handicapé, Christian Canel. « J’ai découvert le corps de mon père sans tête », a témoigné sa fille. La victime conserve aujourd’hui de lourdes séquelles. Jugé devant la cour d’assises de Nouvelle-Calédonie, l’accusé encourt quinze ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu vendredi.
Le visage pâle et émacié, les épaules rentrées, les jambes recroquevillées, Christian Canel avance la tête haute sur sa chaise roulante en entrant dans le prétoire. Il y a un peu plus de dix ans, la vie de ce père de famille avait brusquement basculé. Une tumeur de la colonne vertébrale lui avait été diagnostiquée, entraînant des années de rééducation pour lutter contre la paralysie et retrouver une certaine autonomie. Le 9 septembre 2022 marque un autre tournant dans son existence. « Avant, il n’utilisait sa chaise roulante que pour les longues distances. Il était capable de marcher. Maintenant, ce n’est plus possible. Il ne peut plus vivre seul. Il n’est plus autonome. Quand on regarde les photos avant et après, son visage n’est plus le même non plus », confie sa fille. Près de quatre ans se sont écoulés depuis cette nuit qui a marqué la famille à jamais. Si le temps a permis d’atténuer certaines blessures, Christian Canel, ses deux filles, ses petits-enfants et ses proches ont dû se replonger dans leurs souvenirs douloureux devant la cour d’assises de Nouvelle-Calédonie, qui juge depuis jeudi Raoul Médard pour vol avec violence ayant suivi une infirmité permanente.
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Connectez vous pour y accéder !
Jean-Alexis Gallien-Lamarche




