Un homme soupçonné de vendre de la cocaïne au marché municipal de Nouméa a été arrêté en flagrant délit par les policiers de la brigade anticriminalité, vendredi. L’enquête a conduit à l’interpellation de deux autres personnes et à la saisie de stupéfiants ainsi que d’argent liquide. Les trois suspects ont été remis en liberté en attendant de s’expliquer devant la justice.
Du deal de poudre blanche dans les allées du marché municipal de la Moselle. L’affaire, qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux, commence par un appel téléphonique dans la matinée de vendredi. Au bout du fil, au centre d’information et de commandement du commissariat de police de Nouméa, un badaud avertit les autorités qu’un inconnu l’a abordé pour lui proposer de la cocaïne. Sur un territoire encore largement épargné par cette drogue qui fait tant de ravages chez notre voisin australien et en Europe, l’alerte est aussitôt prise avec sérieux mais avec une certaine prudence.
Une patrouille de la brigade anticriminalité de la direction territoriale de la police nationale (DTPN) se rend discrètement au marché et met en place une surveillance du suspect avant de procéder à son contrôle. Au moment de son interpellation, les policiers découvrent une faible quantité de poudre blanche, suspectée d’être de la cocaïne, dans ses poches. Le profil du vendeur, comme son mode opératoire, a de quoi surprendre. Sous l’autorité du parquet, les enquêteurs de la brigade des stupéfiants prennent le relais des investigations.
Des questions sur l’origine de la cocaïne
Au cours des auditions en garde à vue, le vendeur finit par désigner celui qui l’approvisionne en cocaïne. Les enquêteurs remontent rapidement jusqu’au fournisseur présumé et procèdent à son interpellation ainsi qu’à la perquisition de son domicile. Sur place, les policiers mettent la main sur de la cocaïne, du cannabis et de l’argent liquide. Au total, les enquêteurs ont saisi 7,34 grammes de cocaïne et 16,6 grammes de cannabis. Le dossier s’oriente également vers une troisième personne, présentée comme un consommateur, qui logerait non loin du marché municipal. Ce dernier est, à son tour, appréhendé par les forces de l’ordre.
« Nous ne sommes pas face à une criminalité organisée à la manœuvre d’un trafic de stupéfiants comme nous pouvons être confrontés en Métropole. Ceci étant, nous déployons d’intenses efforts pour lutter activement contre les trafics de cannabis et de cocaïne qui peuvent exister à Nouméa. C’est une de nos priorités et cette affaire en est l’illustration : entre les interpellations sur le terrain par les policiers de la Bac et les investigations des enquêteurs de la brigade des stupéfiants pour démanteler le trafic, nous agissons en complémentarité avec une grande détermination », explique Marjorie Ghizoli, la directrice territoriale de la police nationale à Nouméa.
Selon une source policière, les trois mis en cause ont reconnu les faits pendant leur garde à vue. Ils sont ressortis libres du commissariat central dimanche, à l’issue de leurs auditions. Le parquet a choisi de convoquer le vendeur et le fournisseur présumés dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) en décembre. Le consommateur fera, lui, l’objet d’une ordonnance pénale devant le délégué du procureur.
L’enquête se poursuit désormais afin de déterminer l’étendue exacte du réseau et l’origine de la cocaïne. En 2025, 2,6 tonnes de cocaïne ont été saisies en Nouvelle-Calédonie, dont 2,5 tonnes dissimulées dans un conteneur à destination de l’Australie, et 28 kilos récupérés par des pêcheurs dans des ballots flottants dans le lagon de l’île des Pins.
Photo : ©Ville de Nouméa
Jean-Alexis Gallien-Lamarche




