La séance d’hier au Congrès s’est révélée être parfois d’une grande pénibilité. En particulier parce que pendant des heures de discussion, à l’initiative des indépendantistes de l’UC-FLNKS, on a entendu les réécritures de l’histoire toujours et encore, depuis la signature de l’accord de Nouméa jusqu’à Pouebo et les condamnations à mort de 10 kanak. La séance a permis aux uns et aux autres de confirmer leur positionnement respectif, connu de tous depuis longtemps. Les non-indépendantistes ont défendu un corps électoral devant être ouvert aux natifs et aux conjoints. Pour le FLNKS, « le gel du corps électoral n’est pas une anomalie démocratique », dixit Pierre-Chanel Tutugoro, et puis il y a cette troisième voie toujours prête à donner des gages, comme de réclamer l’ouverture de bureaux de vote supplémentaires à Nouméa et dans l’agglo comme l’exige le FLNKS. Une séance sans surprise hélas, mais qui montre qu’en Nouvelle-Calédonie « Terre de parole », le dialogue est une denrée perdue. Mais au moins, dans la perspective des élections provinciales, l’électorat ne pourra pas dire, sauf à professer une ignorance aussi crasse que volontaire, ne pas savoir qui est qui, qui veut quoi, qui refuse quoi, qui ne veut pas quoi. En cette période où la Nouvelle-Calédonie a besoin de clarté, le point positif de cette pénible séance du Congrès aura été qu’elle a mis les projecteurs les plus puissants sur les vérités et les mensonges.
Nicolas Vignoles




