C’est le grand sujet du moment en Métropole : L’abandon *, le film retraçant les onze derniers jours de vie de Samuel Paty, ce professeur égorgé et décapité par un islamiste, après avoir été jeté à la vindicte des réseaux sociaux par une de ses élèves de confession musulmane et son père. Il y a débat, non pas sur la qualité cinématographique du film, mais sur le fait que pour la gauche et l’extrême-gauche, ce film « stigmatise » les musulmans ! Par son martyr, Samuel Paty, est devenu le porte-parole de nos vertus et valeurs perdues : la défense de la laïcité, de la liberté d’expression, de la République et du vivre-ensemble. Pour la journaliste et critique Florence Vierron du Figaro, L’abandon est « le meilleur du cinéma, pour rendre hommage à Samuel Paty ». Ne serait-ce qu’en mémoire de Samuel Paty, il devrait donc y avoir consensus autour de ce film, mais non… La France d’aujourd’hui n’est plus capable de ces unions sacrées, y compris sur les sujets qui la fondent, tout ça est terminé ! Et c’est pourtant cette même France-là, qui impose de nous, les petits calédoniens, que nous fassions consensus ! Dans cette France-là, où meurent Samuel Paty, Dominique Bernard, le père Hamel, les innocents de Nice et tant d’autres avant eux, on est incapable de s’unir sur l’essentiel, mais on vient nous mettre le doigt sous le nez pour réclamer de nous un consensus général et une grande union, avec ceux à qui par trois fois, nous avons répondu non, et qui ont tout détruit. L’abandon serait-il devenu l’apanage de la République ?
Nicolas Vignoles
* L’abandon, film de Vincent Garenq avec Antoine Reinartz dans le rôle de Samuel Paty. Projeté en ouverture du festival de Cannes, hors compétition.




