Le 19 avril dernier, à La Foa, un homme de 22 ans, rongé par une jalousie maladive, a frappé sa compagne au point de lui casser le bras parce qu’elle avait eu le malheur de parler à son cousin. L’enquête a révélé que cet épisode violent cachait une emprise psychologique : elle n’avait pas le droit de sortir du domicile, d’aller sur internet ou de s’habiller comme elle le voulait. Encore moins de parler aux hommes.
Ils s’étaient rencontrés sur les réseaux sociaux. Elle, âgée de 20 ans, lycéenne dans le Grand-Nouméa, avait abandonné ses études, sa famille et ses amis pour rejoindre, à La Foa, ce qu’elle pensait être le grand amour. Lui, 22 ans, au physique frêle, taiseux et surtout jaloux maladif, lui a volé ses plus belles années de jeunesse en la réduisant à un objet soumis à sa volonté.
Malgré les coups, les insultes, l’emprise psychologique et le contrôle permanent subis pendant des mois, la jeune femme n’avait jamais appelé à l’aide. Le 19 avril dernier, ce sont les médecins du Médipôle qui ont alerté les gendarmes en la voyant arriver avec le bras cassé. Grâce à ce signalement, elle a pu être sauvée et son bourreau a été traduit devant le tribunal correctionnel de Nouméa. « Elle avait renoncé à elle-même. Mais qui accepterait de vivre enfermé, sans aucune liberté, constamment surveillé ? Dans quel monde ? Cela fait froid dans le dos. Elle était son objet, son défouloir », remarque Fatou Diop, procureure de la République. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende photo : Des violences physiques répétées et une emprise psychologique. ©DR
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



