Alors que deux jeunes femmes lancent à La Foa un projet d’usine agroalimentaire destiné à transformer 300 tonnes de produits locaux par an, NC La 1ère nous apprend qu’à Lifou, on pourrait ne plus pouvoir construire de case traditionnelle faute de paille ! La Nouvelle‑Calédonie, nous dit‑on, a toujours été terre agricole, les anciens cultivaient la terre ou étaient éleveurs ou les deux, et ils nourrissaient la population. Mais aujourd’hui, l’agriculture et l’élevage, comme tous les autres secteurs de notre économie, sont en crise, ils ne représentent plus que 2 % de notre PIB, et se lancer dans ces activités procède du courage comme de l’inconscience. D’autant qu’avec le temps et les difficultés, les savoir‑faire comme les envies se sont perdus. Autrefois en Nouvelle‑Calédonie, et avec des tonnages conséquents, on cultivait du café, du riz, de la canne à sucre, du cacao et bien d’autres denrées, mais ces cultures ont disparu. Même les cultures traditionnelles, celles du taro et de l’igname, ont vu leur production baisser de 40 % ces dernières années. Le devenir agricole calédonien s’écrit désormais en pointillé, et c’est un vrai problème, dont on ne semble pas avoir pris conscience de la gravité. Dans ces conditions, quel peut être l’avenir d’un territoire sans agriculture ? Et quelle sera la place de l’agriculture dans les programmes de toutes ces cohortes qui comptent bien se présenter aux provinciales ?
Nicolas Vignoles




