La récente attaque d’un squale à l’encontre d’un va’a au large de la Côte Blanche, la seconde de l’année dans les baies nouméennes, a une nouvelle fois relancé les débats autour de la crise requins. Et si certains amateurs de sports de glisse continuent de vivre leur passion à fond, d’autres, en revanche, ont décidé de prendre du recul face à une menace aquatique de plus en plus importante.
« Le ciel est gris aujourd’hui. Il pleut. On sait que dans ces conditions le risque est plus élevé. On le sait. Et malgré tout, chacun d’entre nous accepte une part de risque pour cette passion qui nous transporte depuis qu’on est gamins. La mer, le vent, la glisse… C’est notre vie. » Le lundi 23 février, au lendemain de l’attaque de requin qui a coûté la vie à Cyril Chevalier lors d’une session de wingfoil, Sarah Hébert, windsurfeuse de renom, a livré un message sobre, plein de finesse et de compassion qui a trouvé un écho particulier sur les réseaux sociaux. « La vie est fragile. Intensément fragile. Ça fait mal, poursuivait-elle. Plus tard, il sera sans doute nécessaire de continuer à réfléchir. Au-delà des réponses d’urgence déjà mises en place, comprendre ce qui provoque ces déséquilibres. Parce qu’on contrôle difficilement la nature. Mais on peut chercher à mieux la comprendre. Et nous, pratiquants, redoubler de prudence. Surtout en période de pluie. Prendre encore plus nos responsabilités. »
Un message directement adressé à tous les amateurs de sports nautiques, comme le windsurf, le wingfoil, le kitesurf ou encore le stand up paddle. Car, si la Nouvelle-Calédonie demeure l’un des spots privilégiés pour se faire plaisir, entre mer turquoise, lagon et plage de sable blanc, les risques semblent de plus en plus importants. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude publiée en août dernier dans la revue Scientific Reports. Si 62 interactions homme-requin ont été enregistrées en Nouvelle-Calédonie entre 1980 et 2022, celles-ci sont de plus en plus fréquentes au fil des années. Ainsi, alors qu’une attaque par an était enregistrée entre 1980 et 1999, la moyenne était de trois attaques annuelles entre 2007 et 2022.
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Claire Gaveau
La plage du Méridien, tout comme la plage d’Aquarêve, font partie de spots privilégiés par les kiteurs.
© C.G.
Trois attaques cette année
Sur les quatre premiers mois de l’année, trois attaques de squales, dont une mortelle, ont d’ores et déjà été recensées. La première a eu lieu au large de Bourail, le 3 janvier dernier. Ce jour-là, lors d’une sortie en plongée bouteille, où la technique controversée du « craquement d’une bouteille en plastique » aurait été utilisée, un trentenaire a été mordu au bras par un requin bouledogue. Le 22 février, dans un contexte malheureusement « propice » à une attaque, Cyril Chevalier a perdu la vie lors d’une session de wingfoil entre l’Anse-Vata et l’île aux Canards. Enfin, le 15 avril dernier, lors d’un entraînement en début de soirée, Lywaï Manate, président du club de va’a de Tuhae Pae, a lui aussi été la cible d’un squale mais a finalement réussi à le faire fuir.



