Une retraitée de 66 ans a été condamnée par le tribunal correctionnel de Nouméa pour avoir organisé, durant plusieurs années à Dumbéa, des milliers de parties de bingo clandestines. Installé sous le carport de son domicile, ce réseau très structuré lui aurait permis d’engranger un jackpot record estimé, au bas-mot, à plus de 320 millions de francs.
Le bingo n’avait rien de « sauvage ». Il était même organisé de manière quasi professionnelle et tenu d’une main de fer. À la fois illégales et ultra-populaires, dans les quartiers comme dans les tribus, ces maisons de jeux clandestines, où des mères et pères de famille jouent à même le sol sur des nattes, certains pouvant y engloutir la paie du mois, voire même s’endetter, se révèlent être de véritables planches à billets pour ceux qui en sont à la tête. L’argent liquide circule de main en main, sans le moindre contrôle, avec à la clé des gains considérables.
Mais ce juteux business a son revers lorsque l’on se retrouve dans le collimateur de la justice. Une retraitée de la fonction publique, âgée de 66 ans, a ainsi été reconnue coupable par le tribunal correctionnel de Nouméa d’avoir organisé des milliers de parties de bingo dans sa maison du lotissement Bernard, à Dumbéa, ce qui lui aurait permis de brasser, au bas mot, plus de 320 millions de francs. Le dossier est volumineux, à la hauteur des chiffres d’affaires et des préjudices pour la collectivité qui donnent le tournis.
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Légende : Le bingo, avec ses petits cartons imprimés de grilles numérotées sur lesquels on pose des boutons ou des jetons, ses numéros débités à toute vitesse par un speaker, ses ramasseurs et l’argent qui circule de main en main sans aucun contrôle, est tellement ancré dans le paysage calédonien qu’on en oublierait qu’il est strictement encadré par la loi. © DR
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



