La notion de temps est très relative si l’on en croit Einstein. Par exemple, le temps judiciaire fait qu’il faut attendre parfois très longtemps après la commission des faits, avant que leurs auteurs ne soient traduits devant les tribunaux, et ça peut être crispant, surtout lorsqu’il s’agit des responsables CCAT des émeutes de 2024. Par ailleurs, récemment dans une tribune, le monde économique réclamait que l’on se presse à trouver un accord car, nous était‑il expliqué, le temps économique n’est pas le temps politique. Un temps politique qui, à en croire cette tribune, ne prendrait pas en compte la réalité des urgences et traînerait sur le chemin tel le lièvre, plutôt que de se dépêcher telle la tortue pour créer la relance. Le souci est que si c’est vrai, cela ne risque pas de s’arranger. En effet, on est en train de discuter de la tenue des élections provinciales avant le 28 mai prochain, soit dans un peu plus de deux mois. On imagine très bien que le temps de la campagne électorale, qui sera particulièrement âpre, difficile, disputée, ne soit pas celui de l’économie. Ces élections vont sans doute ralentir le processus de mise en œuvre du pacte de refondation, qui a donc un nouveau patron à sa tête, en remplacement de Claire Durrieu. Ces changements ne contribuent pas non plus à gagner du temps. Et personne n’est en mesure d’accorder les temps de chacun.
Nicolas Vignoles



