Le mobile homophobe est reconnu chez ces auteurs, « d’une particulière dangerosité », a indiqué la procureure de la République lors du procès de deux jeunes hommes reconnus coupables d’avoir passé à tabac une victime en raison de son orientation sexuelle, après lui avoir donné rendez‑vous sur les réseaux sociaux en septembre dernier. La justice a décerné des mandats d’arrêt. Les deux individus sont activement recherchés par les forces de l’ordre.
Tapis dans l’obscurité, cinq à sept silhouettes au visage masqué sont aux aguets. Leur cible, Alexandre*, doit arriver d’un instant à l’autre. Il ne se méfie de rien. Le jeune homme est en confiance : depuis plusieurs semaines, il échange avec une connaissance sur le réseau social Snapchat. Le courant passe bien entre eux. Cette nuit du 14 septembre dernier doit marquer leur première rencontre. Il est tard, Alexandre vient de quitter une soirée à l’îlot Canard, mais après tout, pourquoi ne pas accepter le rendez‑vous fixé par son interlocuteur dans un lieu public.
Le rendez‑vous est fixé au débarcadère de Robinson. Une fois sur place, il fait monter son flirt dans sa voiture. Les deux hommes cheminent ensemble un moment en discutant, mais le conducteur n’est pas vraiment rassuré par la situation. « J’ai compris qu’il se faisait passer pour quelqu’un d’autre, qu’il n’était pas homosexuel », expliquera‑t‑il aux gendarmes. En arrivant devant le collège de Normandie, le signal est donné. L’attaque est soudaine. Ultraviolente. En une fraction de seconde, cinq à sept individus l’encerclent et montent dans son véhicule. L’un d’eux arrache immédiatement les clés du contact. Alexandre est contraint de sortir de sa voiture. L’enfer commence alors.
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*le prénom a été modifié
Légende : En septembre dernier, un jeune homme a été violemment frappé. Ses agresseurs ont feint une rencontre homosexuelle. ©Pexels
Jean‑Alexis Gallien‑Lamarche



