Dans un communiqué, les Loyalistes et le Rassemblement ont annoncé ne pas participer à la réunion organisée à l’initiative de Sébastien Lecornu. Une décision prise alors que le FLNKS avait annoncé accepter l’invitation.
Moins de deux heures avant le rendez-vous, les Loyalistes et le Rassemblement, par voie de communiqué, ont annoncé qu’ils ne participeraient pas à la réunion programmée mardi soir. Après le rejet du projet de loi constitutionnelle par l’Assemblée nationale, le 2 avril dernier, Sébastien Lecornu, l’actuel Premier ministre, avait en effet convoqué les différentes forces politiques calédoniennes dans l’espoir de trouver une nouvelle sortie à cette impasse. Et si le FLNKS avait confirmé sa participation à ce rendez-vous politique un peu plus tôt dans la journée, après avoir décliné toutes les précédentes invitations de l’Etat rappelons-le, les deux partis non-indépendantistes ont fait le choix contraire. Une décision forte dans le contexte institutionnel actuel. « Le Premier ministre a indiqué, sur les réseaux sociaux qu’il réunirait ‘’les signataires de l’accord de Bougival’’. Nous nous étonnons donc de cette invitation et de la présence du FLNKS, qui affirme depuis neuf mois ne pas assumer sa signature », affirment-ils dans le communiqué. En ligne de mire, évidemment, l’invitation adressée à Christian Tein, le président contesté du Front, toujours mis en examen dans le dossier des émeutes de mai 2024. « Comment justifier la présence du président du FLNKS et de groupes de pression directement mis en cause par la justice dans l’organisation des violences du 13 mai 2024 ? Faut-il comprendre qu’ils se considèrent à nouveau comme signataires ? », questionnent-ils.
« Aucune réunion avec le FLNKS »
Une question, suivie de nombreuses autres alors qu’ils assument ne pas comprendre « l’objectif de cette réunion ». « S’il s’agit d’organiser une consultation sur l’Accord de Bougival, nous n’y serons favorables qu’avec l’engagement clair du respect au moins majoritaire du résultat par les groupes parlementaires. L’État dispose-t-il de cette garantie? À ce stade, non. S’agit-il de discuter de l’ouverture du corps électoral alors qu’aucune majorité ne se dégage pour l’ouvrir aux personnes présentes depuis une certaine durée ? L’État veut-il nous faire boire le calice jusqu’à la lie en nous demandant d’accepter l’ouverture aux seuls natifs, alors même que cette réforme, favorable aux indépendantistes, mettrait fin à tout espoir d’ouverture plus large à l’avenir ? », écrivent-ils encore.
Ainsi, alors même que « le gel du corps électoral et le déséquilibre du Congrès en défaveur de la province Sud demeurent inacceptables », les loyalistes et le Rassemblement tiennent ouvertement tête à l’Etat. « Dans un contexte où les députés ont fait le choix de céder à la menace et la violence, Les Loyalistes et le Rassemblement ne participeront à aucune réunion avec le FLNKS tant que l’État n’aura pas obtenu des groupes parlementaires l’engagement du respect de la démocratie en Nouvelle-Calédonie », concluent-ils.
Claire Gaveau



