Confronté à l’opposition des groupes politiques nationaux à l’Assemblée, le processus de Bougival a du plomb dans l’aile. L’exécutif cherche des solutions. Cela pourrait passer par la consultation des Calédoniens.
Le rejet de Bougival signifie l’organisation d’élections provinciales dans quelques semaines, au mois de juin prochain, mais avec un corps électoral gelé. Aussi, pour le député Metzdorf, « il est hors de question d’aller aux élections provinciales avec un corps électoral gelé. C’est aux Calédoniens de décider de leur avenir, pas à  La France insoumise ou au Rassemblement national ». Il est soutenu dans cette possition par la députée Estelle Youssouffa, du groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), pour qui « les urnes auront parlé et ce ne sera pas la décision du Parlement, à des milliers de kilomètres, qui pourrait mettre de l’huile sur le feu ».
Le gouvernement ne ferme pas la porte
De fait, le gouvernement tient absolument à éviter le blocage ou un rejet qui condamnerait définitivement le processus. Cité par Le Figaro, l’entourage du 1er ministre, Sébastien Lecornu pour qui Bougival est le « meilleur accord possible », estime que « rien ne serait pire que de laisser ce dossier dériver jusqu’à la présidentielle ». La tenue d’un référendum local est donc fortement envisagé. « Le gouvernement ne ferme pas la porte à ce que cette consultation des Calédoniens soit anticipée et déliée de l’examen parlementaire, indique Matignon cité par Le Figaro. On ne passera pas en force. Mais nous ne pouvons plus attendre indéfiniment ». On peut rappeler que ce référendum a fait l’objet d’un projet de loi en décembre 2025, mais qui n’a jamais été présenté en Conseil des ministres. En début de semaine, Emmanuel Macron a organisé une réunion avec Sébastien Lecornu et la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, pour faire le point sur les solutions possibles, et des contacts ont été pris avec le groupe socialiste à l’Assemblée. Selon les informations du Figaro, il a été spécifié au PS que « ceux qui votent la motion de rejet font le choix du vide. Ceux qui tiennent à la paix civile, à la prospérité, ne peuvent pas rejeter cet accord ». Dans ce contexte de grande incertitude, une délégation de l’UNI est sur place à Paris. Au sujet de Bougival, dans une tribune, elle indique « qu’il n’existe pas d’autre voie réaliste et responsable. C’est une étape nouvelle parce que l’accord organise l’accès à la pleine souveraineté. Non pas dans l’abstraction, mais de manière très concrète ».
Légende : 150 personnes ont répondu hier à l’appel du FLNKS de manifester contre Bougival devant l’hôtel de la province Nord. ©CCAT



