Les résultats du troisième baromètre santé jeune, après ceux de 2014 et de 2019, ont été dévoilés mardi. Si certaines addictions reculent, d’autres en revanche progressent.
Le baromètre santé c’est « un outil de recherches » et « un outil d’aide à la décision ». C’est aussi, selon Claude Gambey, le membre du gouvernement en charge de la Santé, « un miroir » de la société actuelle. Mardi, le gouvernement, accompagné par l’Agence sanitaire et sociale et la Communauté du Pacifique Sud, a officiellement présenté les résultats du troisième baromètre santé jeune – après ceux de 2014 et de 2019 – qui concerne les Calédoniens âgés de 10 à 18 ans. « Grâce à ces résultats, on va pouvoir nourrir et ajuster nos politiques publiques, je parle là des politiques de prévention ou encore des travaux qui sont lancés par les institutions, comme c’est le cas sur la santé mentale », a-t-il détaillé.
Le baromètre, qui existe également chez les adultes, est effectivement une mine précieuse d’informations alors que 3 646 jeunes ont été interrogés entre juin et septembre 2025, dans 209 classes du territoire. En effet, pas moins de quinze thématiques sont abordées avec la jeune génération. Il y a les thèmes habituels comme le tabac, le cannabis, l’alimentation, l’activité physique, l’hygiène bucco-dentaire, mais aussi quatre nouveaux sujets afin de s’adapter au mieux aux mutations notables de la société mondiale : le temps de sommeil, la précarité menstruelle, la mesure taille-poids et les réseaux sociaux. « La question du temps de sommeil, par exemple, est vraiment très importante car cela agit sur la santé mentale, sur l’apprentissage, sur l’obésité », explique Géraldine Wathle, directrice adjointe en charge des programmes au sein de l’ASS.
Or, selon les données récoltées, les jeunes Calédoniens manquent de sommeil : 34 % des 10-12 ans ne dorment pas suffisamment, tout comme 35 % des 13-15 ans et 62 % des 16-18 ans. Cela peut être lié, notamment, à l’utilisation des écrans, en forte progression depuis la précédente enquête (+7 %).
Une santé mentale à surveiller
De manière générale, il y a des « évolutions positives » — comme la baisse du tabagisme (- 11 %), la baisse de la consommation d’alcool (- 5 %), la baisse de la consommation de cannabis (- 10 %), la baisse de la consommation des boissons sucrées (- 8 %) ou encore la baisse de l’absentéisme scolaire (- 24 %). Malheureusement, dans la réalité, les faits ne sont pas tout noir ou tout blanc. Ainsi, si les chiffres concernant le tabac sont en baisse, ceux concernant l’usage de la cigarette électronique explosent (+ 20 %).
Autres signaux d’alerte relevés par l’Agence : la baisse de l’usage du préservatif (- 13 %), l’augmentation du temps d’écran (+ 7 %) ou encore la baisse du brossage des dents (- 12 %). Et de manière générale, la question de la santé mentale est également à surveiller alors que de plus en plus de jeunes ressentent une certaine solitude. Ils sont dorénavant un sur cinq (18 %) à ressentir cela « la plupart du temps » ou « toujours ». Un chiffre en hausse constante par rapport à 2014 (9 %) et 2019 (14 %).
Claire Gaveau



