A quelques heures de l’examen du projet de loi constitutionnelle lié à l’accord de Bougival à l’Assemblée nationale, le FLNKS a tenu ce mercredi 1er avril une conférence de presse pour réaffirmer son opposition au projet et appeler à l’organisation rapide des élections provinciales.
Face à la presse, les responsables du Front ont adressé un message clair à l’État français et aux parlementaires : sortir du cadre des accords de Matignon et de Nouméa pourrait mettre en danger la stabilité du pays.
Revenir au cadre de la décolonisation
En ouverture de la conférence, Roch Wamytan a replacé la situation actuelle dans le cadre du processus de décolonisation engagé depuis plusieurs décennies. Il a rappelé que la Nouvelle-Calédonie est inscrite depuis 1986 sur la liste des territoires à décoloniser et que la France a la responsabilité d’accompagner ce processus. Selon lui, les accords de Matignon en 1988 puis l’accord de Nouméa en 1998 ont permis d’assurer la paix grâce à une méthode basée sur le dialogue, le compromis et l’impartialité de l’État. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, en 2017, le FLNKS estime que cette méthode n’est plus respectée et que l’État n’est plus impartial. Les responsables indépendantistes accusent notamment l’État d’avoir présenté les accords de Bougival comme un projet de loi et affirment avoir retiré leur signature et dénoncent une rupture de confiance.
Le rejet de l’accord de Bougival
Le FLNKS réaffirme donc son rejet total de l’accord de Bougival et de ses compléments. Pour Christian Tein, président du FLNKS, plusieurs décisions prises ces dernières années ont contribué à créer des tensions en Nouvelle-Calédonie et ont détérioré la relation entre l’État et les indépendantistes. Il estime que l’État n’a pas respecté sa parole et porte une responsabilité dans la crise politique récente. Christian Tein affirme que le Front continuera de défendre son projet politique et qu’il n’est pas question de « revenir en arrière » sur le rejet de Bougival.
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Hugo Hmana



