Trois policiers étaient soupçonnés d’avoir participé à un système de racket visant des dealers à Ko We Kara et sur d’autres points de deal de la ville. L’un a été relaxé, les deux autres condamnés à des peines de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nouméa. « Vous vous êtes comportés comme les délinquants que vous prétendez traquer », a villipendé la procureure.
Ils enchaînaient les arrestations et les coups d’éclat dans les quartiers populaires de Nouméa, où prospèrent le trafic de cannabis et le marché noir d’alcool. « À nous seuls, on faisait les chiffres de la Bac [brigade anticriminalité, NDLR]. On avait les records d’interpellation. On nous surnommait les Bopé, comme la police des favelas au Brésil », se vante l’un d’eux. Puis, un jour, ces « superflics » sont devenus des « ripoux ». Deux anciens policiers et un troisième, encore en activité, ont été jugés devant le tribunal correctionnel de Nouméa, vendredi, pour « vol par personne dépositaire de l’autorité publique » et « violence » commis entre 2019 et 2022. Une affaire extrêmement grave qui avait secoué l’institution policière à l’époque. Sans les vidéos amateurs publiées sur les réseaux sociaux le 6 mai 2022, le scandale n’aurait sans doute jamais éclaté. Et les policiers auraient continué d’agir en toute impunité.
Depuis au moins 2019, ils sont soupçonnés d’avoir mis en place un système de racket de dealers dans le secteur de Ko We Kara et sur d’autres points de deal de la ville. Le stratagème est toujours le même : lors du contrôle de jeunes dans la rue, ils récupèrent l’argent (parfois même le cannabis ou les bouteilles d’alcool vendues au marché noir) que ceux-ci détiennent. Les billets passent d’une poche à l’autre, sans qu’il y ait de procès-verbal, ni d’information à la hiérarchie. « À force de côtoyer des délinquants, j’ai fini par le devenir », assume un policier.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche



