Le gouvernement s’est réuni hier comme chaque semaine. Il a adopté deux projets de loi de pays, et un texte important relatif au prix de l’électricité.
Ces derniers mois, les Calédoniens ont subi plusieurs augmentations du prix de l’électricité qui, dans un contexte de fragilité et sociale, pèse sur le budget des ménages. Or depuis 5 ans maintenant, la Nouvelle-Calédonie réclame de l’État de pouvoir entrer dans le dispositif de péréquation nationale. La CSPE permet de bénéficier du même prix de l’électricité que l’on soit en Métropole ou en Outre-mer. Pourtant aujourd’hui, seules la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie en sont exclues. « La raison avancée à l’époque par l’Etat, explique Christopher Gygès, était que la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie sont compétentes en matière d’énergie sauf que Wallis-et-Futuna est entrée dans le dispositif, alors que Wallis-et-Futuna aussi est compétent. Jusqu’à présent, nous en étions restés au stade d’échange de courrier pour demander à l’État de ne pas être traité comme des sous-français, et j’utilise le terme volontairement, et pour bénéficier également du dispositif. Cette fois-ci, on a déposé un projet de délibération qui a été adopté à l’unanimité des membres du gouvernement et qui sera examiné au Congrès. Ce projet porte une résolution à l’État pour demander officiellement que la Nouvelle-Calédonie intégre ce dispositif. Cela permettrait de baisser de 40 à 50 % le prix de l’électricité pour les Calédoniens ». Le gouvernement a également évoqué les effets de la guerre au Moyen-Orient sur le prix des carburants. Un arrêté a été pris afin de lisser la hausse du carburant sur les prochains mois et d’éviter ainsi un choc financier trop brutal sur les Calédoniens.
L’aide à la reconstruction prolongée
Le gouvernement a également adopté un projet de loi de pays pour aider les entreprises. Après le 13 mai, le gouvernement avait adopté des mesures pour faciliter la vie des entreprises qui souhaitaient reconstruire en simplifiant les démarches administratives, notamment concernant l’obtention d’un permis de construire. Les entreprises qui avaient brûlé et qui souhaitaient reconstruire n’avaient pas à demander un nouveau permis de construire, de plus il était acté qu’en cas de demande, le silence de l’administration valait accord plutôt que refus. « La mesure arrivait à son terme, explique Christopher Gygès, on a souhaité la prolonger. En effet, il y a des entreprises qui ont mis du temps à bénéficier du versement des indemnités d’assurance, il était donc important de les aider. L’idée c’est de permettre à ceux qui n’ont pas encore pris la décision de reconstruction ou qui n’ont pas pu le faire à cause du versement tardif des indemnités d’assurance et de la réassurance de pouvoir toujours bénéficier de ce dispositif en facilitant les différentes démarches administratives. Cela marque une vraie volonté d’agir sur la reconstruction ».
Secteur important, la pêche participe à la diversification de l’économie calédonienne, tant par l’exportation de certains produits, qu’en termes d’autosuffisance alimentaire. « Ces dernières années, a souligné Christopher Gygès, nous avons adopté plusieurs mesures comme la création du statut de patron pêcheur, ou l’intégration de la pêche à la chambre d’agriculture. Il est important de continuer à mieux la structurer, à mieux l’accompagner ». Cette loi de pays vient donc poser le cadre de la pêche en Nouvelle-Calédonie, sécuriser la partie juridique des patrons pêcheurs et renforcer la notion de pêche responsable. Ainsi, lors du renouvellement des licences, le statut de pêche responsable sera obligatoire pour les navires ayant plus d’un an d’exploitation ». Et par ailleurs, « on vient créer un statut de pêche exploratoire, précise le membre du gouvernement, sur des zones bien spécifiques et sur des produits bien spécifiques qui ne sont pas encore valorisés en Nouvelle-Calédonie à la fois en zone et en produits de la mer ».
N.V




