Véritable figure du Parti socialiste, Lionel Jospin, qui a notamment été Premier ministre de 1997 à 2002, est décédé à l’âge de 88 ans.
C’est un éléphant qui est parti. Lionel Jospin, incontournable figure du Parti socialiste est mort dimanche 22 mars, à l’âge de 88 ans. Député, chef de parti, ministre, mais surtout premier ministre. De 1997 à 2002, en pleine cohabitation avec Jacques Chirac, le chef de file socialiste règne ainsi à Matignon. Mais, son ascension politique prend subitement fin en 2002. On est alors le 21 avril. Une date définitivement ancrée dans l’Histoire de la Ve République, qui a vu Jean-Marie Le Pen, le leader du Front national, accéder au second tour de l’élection présidentielle. Un coup de tonnerre. Un choc retentissant qui a alors poussé Lionel Jospin, relégué à la troisième place, à tirer un trait sur sa carrière. “J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions, en me retirant de la vie politique”, avait-il déclaré devant les sympathisants socialistes, complètement abasourdis par la défaite et par cette annonce.
L’Elysée aura donc causé sa chute alors que, sept ans plus tôt, en 1995, il avait été battu au second tour de la présidentielle, par Jacques Chirac, après avoir dominé le premier tour.
En Nouvelle-Calédonie, son nom restera à jamais associé à l’avenir institutionnel du territoire. Le 5 mai 1998, alors Premier ministre, Lionel Jospin signe l’accord de Nouméa, dix ans après les accords de Matignon. Une image définitivement ancrée dans l’histoire calédonienne. Après la célèbre poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, la double poignée de main entre Lionel Jospin, Roch Wamytan et Jacques Lafleur marquent un nouveau tournant vers la tenue des trois référendums d’autodétermination.

“La France perd aujourd’hui un serviteur fidèle”
Depuis l’annonce de sa mort, les hommages affluent. “Lionel Jospin est un grand destin français : premier secrétaire du PS de François Mitterrand, ministre de l’Éducation nationale, Premier ministre, membre du Conseil constitutionnel. Par sa rigueur, son courage et son idéal de progrès, il incarnait une haute idée de la République”, a notamment écrit le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, dans un message posté sur X. Son prédécesseur, François Hollande, issu comme lui du Parti socialiste, a évoqué la disparition d’un “homme engagé” qui incarnait “l’exemplarité en politique”. Pour Sébastien Lecornu, actuel Premier ministre, Lionel Jospin “a servi la France avec constance, exigence et sens des responsabilités”. “Son action, guidée par une certaine idée du progrès social et des valeurs républicaines, laisse une empreinte durable et un modèle d’engagement. La France perd aujourd’hui un serviteur fidèle, dont le nom restera lié à l’État”, a-t-il ajouté sur X.
“C’était une gauche exigeante, intègre, républicaine. Il avait su emmener la gauche plurielle jusqu’à la victoire. À l’heure où les repères vacillent, son parcours rappelle qu’on peut gouverner sans concession à l’air du temps, écrit de son côté Olivier Faure, l’actuel leader du Parti socialiste. Premier ministre, il a porté des réformes qui ont marqué durablement la société française, des avancées sociales concrètes, pensées pour améliorer la vie du plus grand nombre, sans céder à la facilité ni au cynisme. Il fut pour moi un inspirateur et une référence. Un hommage national doit lui être rendu.




