Sept hommes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour avoir empêché des salariés d’accéder à l’usine du Sud lors des émeutes de 2024. Ils avaient également dégradé des installations du site industriel de Prony. Ils ont écopé de peines d’amende.
Ils voulaient bloquer la mine et son installation industrielle. Les uns pour protester contre la présence de l’usine du Sud, les autres pour répondre à l’appel de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) de bloquer l’économie du pays. Sept hommes, âgés de 23 à 28 ans, pour la plupart inconnus de la justice et parfaitement intégrés dans la société, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour « dégradations » et « entrave concertée à l’exercice de la liberté du travail », en mai et en juin 2024, au plus fort de la crise insurrectionnelle.
Les salariés de l’Usine du Sud se souviennent avoir constaté, dès le matin du 23 mai, l’arrivée de vingt à trente personnes, le visage masqué, qui débarquaient de cinq pick‑up devant l’entrée du site et y installaient des branchages et des pneus qu’ils incendièrent. Certains, armés de lances‑pierres, avaient également endommagé les installations de Prony Resources. Deux ans plus tard, les sept hommes ne se sont pas vraiment épanchés sur cette mobilisation. Ont‑ils reçu des ordres ? De la part de qui ? Devaient‑ils seulement bloquer l’usine ? Et pour combien de temps ? On ne le saura jamais. « Il y avait un appel de la CCAT pour faire des blocages », tente la présidente, mais sa remarque reste sans réponse de la part des prévenus.
« Prony Resources a craint pour la sécurité du site »
Maçons, chauffeurs miniers à Goro, pompiers, pêcheurs, scaphandriers… Ils n’ont plus fait parler d’eux depuis les événements de 2024. « Il y a un gouffre entre cette audience, où tout le monde est serein et calme, et les événements de 2024 », note la procureure. « Ils se sont concertés pour empêcher les salariés de se déplacer et de travailler. Ils ont porté atteinte à l’un des principaux employeurs du pays ». L’avocat de Prony confirme les propos du ministère public : « Le manque à gagner a été extrêmement important pendant cette période ». Selon Me Nicolas Million, certains des prévenus auraient reçu l’ordre de bloquer l’ensemble de la mine. « Prony Resources a craint pour la sécurité du site et pour la poursuite de son activité », abonde le conseil.
Après en avoir délibéré, les sept prévenus ont été condamnés à des amendes comprises entre 30 000 et 50 000 francs.
Jean‑Alexis Gallien‑Lamarche




