INFO LVDC – À l’issue d’une enquête financière complexe, les gérants de l’hôtel Gondwana, à Nouméa, sont soupçonnés d’avoir détourné des fonds de leur société pour les investir dans des cryptomonnaies. Ces placements à haut risque auraient entraîné la perte de l’intégralité des fonds. Le préjudice est estimé à plus de 250 millions de francs. Les gérants devront répondre d’abus de biens sociaux, de blanchiment d’abus de biens sociaux et de présentation de comptes annuels inexacts. La défense conteste formellement ces accusations.
C’est un dossier financier hors norme, aux montants vertigineux. Selon les informations de La Voix du Caillou, les dirigeants de l’hôtel Gondwana sont empêtrés dans une procédure judiciaire depuis qu’ils sont soupçonnés d’avoir détourné une partie de la trésorerie de leur société pour investir ces fonds dans des plateformes de cryptomonnaies. Cette opération à haut risque, menée sur un marché des cryptomonnaies particulièrement instable, se serait soldée par la perte de plusieurs centaines de millions de francs. La justice s’interroge désormais sur ces manipulations financières présumées.
L’affaire éclate lorsque la société d’économie mixte PromoSud, bras financier de la province Sud, dépose une plainte au parquet de Nouméa en décembre 2023. Deux mois plus tard, le Haut-commissaire signale des faits similaires à l’autorité judiciaire sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale. Il faut remonter quelques années en arrière pour mieux cerner les coulisses de ces malversations opaques présumées. En 2017, la structure publique PromoSud était entrée au capital de la SARL Gondwana dans le cadre d’une convention prévoyant un financement total de 120 millions de francs, dont 9,5 millions en capital et 110 millions sous forme de compte courant. En contrepartie, PromoSud devait être remboursée à la fin de l’année 2022.
Entre-temps, la société hôtelière a obtenu gain de cause dans un contentieux qui l’opposait à l’État devant le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie. Par une décision rendue le 29 avril 2021, l’État a été condamné à lui verser une indemnité de plus de 243 millions de francs dans un litige lié à un refus d’agrément fiscal pour un projet de défiscalisation concernant l’hôtel Gondwana Puen. La somme est versée le 13 juillet 2021 et vient abonder la trésorerie de l’entreprise.
Ce n’est qu’à l’approche de l’échéance de remboursement que PromoSud s’est interrogée sur le sort de son investissement. Toutefois, selon les éléments de l’enquête, une grande partie de ces fonds aurait rapidement quitté les comptes de la société. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende : Le parquet soupçonne les gérants du Gondwana d’avoir volontairement dilapidé les fonds de la société hôtelière à des fins personnelles, en utilisant des plateformes de cryptomonnaies à des fins de blanchiment. Ils contestent formellement les faits. ©Gondwana Hôtel
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



