Entre organisation du système de soins, attractivitĂ© du territoire et besoins constants de la population, les rares dermatologues du territoire font face Ă une tension croissante. Ă€ l’heure oĂą plusieurs dĂ©parts en retraite se profilent, l’enjeu est dĂ©sormais d’Ă©viter une rupture durable de l’offre… EnquĂŞte sur une situation qui, si elle s’inscrit dans un mouvement plus large de tension sur les spĂ©cialitĂ©s mĂ©dicales, revĂŞt en Nouvelle-CalĂ©donie une dimension particulière liĂ©e Ă l’exposition solaire.
La pĂ©nurie de dermatologues en Nouvelle-CalĂ©donie n’est plus une prĂ©occupation diffuse : elle constitue dĂ©sormais une rĂ©elle inquiĂ©tude pour les professionnels comme pour les patients. Selon les praticiens interrogĂ©s, ils ne sont plus aujourd’hui que trois dermatologues conventionnĂ©s pour l’ensemble du territoire, soit environ 1,11 spĂ©cialiste pour 100 000 habitants, contre 5,9 en mĂ©tropole, oĂą la situation est dĂ©jĂ considĂ©rĂ©e comme critique.Â
La baisse est rapide. Il y a encore trois ans, le territoire comptait sept dermatologues. Cette diminution continue s’explique notamment par des fermetures de cabinets, et continuera Ă se dĂ©grader en vue des dĂ©parts en retraite annoncĂ©s dans les prochaines annĂ©es. Un courrier d’alerte adressĂ© aux instances en 2022 Ă©voquait dĂ©jĂ une dĂ©mographie fragile : Ă cette date, il Ă©tait estimĂ© qu’il ne resterait plus que cinq dermatologues fin 2022 puis trois fin 2023 pour une population d’environ 270 000 habitants avant Ă©meutes.Â
Dans ce contexte, les dĂ©lais de consultation restent sous tension, mĂŞme si les stratĂ©gies d’organisation diffèrent selon les cabinets. Certains praticiens ouvrent leurs agendas mois par mois pour tenter de maintenir un accès Ă©quitable aux consultations, comme c’est le cas du Dr Nolwenn Coquart, qui explique : « on compte 18 000 patients inscrits dans mon logiciel. En un an d’exercice, en recevant 30 patients par jour du lundi au vendredi, je ne peux en voir au maximum que 7 200 diffĂ©rents. Si je devais proposer au moins un rendez-vous annuel Ă chacun, le dĂ©lai atteindrait deux ans et demi... ».Â
Face à la demande, les dermatologues multiplient les adaptations : orientation vers des généralistes formés à certaines pathologies cutanées, délégation d’actes chirurgicaux à d’autres spécialistes ou priorisation des cas urgents. Malgré ces efforts, la pression reste intense. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
LĂ©gende photo : Le dĂ©pistage prĂ©coce permet d’Ă©viter les aggravations.Â
Ide de La Rochebrochard




